Le manifeste

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Manifeste pour une conception légère

Une école d’art a un rôle culturel, social et éducatif à jouer auprès de la société civile. C’est pourquoi l’École Supérieure d’Art et de Design d’Orléans affiche sa volonté de participer à la réflexion sur l’avenir de notre société et de son lieu de vie : une Terre très inégalement utilisée par ses habitants. Dans ses dimensions sociales, culturelles, environnementales, ce choix donne un sens à la recherche de l’école. Dans le cadre d’une situation alarmante sur le plan environnemental qui hypothèque l’avenir de notre planète, le créateur a-t-il un rôle à jouer ?
Le champ de la responsabilité du créateur a été interrogé à maintes reprises dans l’histoire du design. Après avoir été au service de la société de consommation, comme apporteur d’idées nouvelles, le designer, entre exécutant et visionnaire, peut sans doute apporter des réponses à la quête d’une société post industrielle et être l’un des contributeurs de ce que nous pourrions appeler la « conception légère ».

« Nous sommes tous dans le ruisseau, mais certains ont le regard tourné vers les étoiles » Oscar Wilde

Un design d’engagement
Les préoccupations liées à notre environnement et aux évolutions sociétales sont aujourd’hui fondamentales et l’ÉSAD Orléans s’en est emparée. Comment penser l’environnement de demain, celui du quotidien, celui de l’urbain, celui du paysage ? En parallèle aux réflexions menées à l’école, en lien avec les entreprises et les établissements scientifiques et culturels du territoire, en écho avec les projets de la Ville et de la Région, en réseau avec les écoles d’art et de design du monde entier, nous proposons de former une nouvelle génération d’étudiants, futurs designers, aptes à s’inquiéter, à questionner, et à se positionner sur le devenir et l’évolution de notre écosystème. Le champ de la responsabilité du créateur a été interrogé à maintes reprises dans l’histoire du design.
Après avoir été au service de la société de consommation, comme apporteur d’idées nouvelles, le designer, entre exécutant et visionnaire, peut sans doute apporter des réponses à la quête d’une société post-industrielle et être l’un des contributeurs de ce que nous pourrions appeler la « conception légère ».

Rôle et responsabilités du créateur
Le nouvel enjeu planétaire est de répondre à cet apparent paradoxe : peut‑on assurer le bien-être de chacun sur cette planète tout en protégeant les ressources naturelles pour les générations futures ? Le créateur, par sa réflexion transversale sur notre société et ses productions, peut faire évoluer la notion de progrès et les scénarios de consommation… Espaces publics, objets de chaque jour, procédés de communication, doivent être examinés cette année.

Face aux problématiques environnementales évoquées, le designer a parmi ses responsabilités désormais d’accompagner les entreprises à produire sans détruire, à concevoir les nouveaux objets ou services du quotidien, du plus élémentaire au plus subtil, en rendant leur usage durable et leur fin assimilable par d’autres processus de vie (recyclables, ré-utilisables…).

On peut imaginer des « choses légères »[1], des objets des services et procédés qui dépenseront moins de matière et d’énergie et qui répondront pleinement à nos besoins. Il s’agit d’expérimenter de nouvelles idées pour le quotidien : peut-on remplacer un produit par un service, louer plutôt qu’acheter… ? Peut-on vraiment « faire plus avec moins » ? Et le faire avec plaisir et conscience, en concevant pour chaque coin du monde des produits et services qui facilitent la transition d’une économie lourde à une économie légère.
Notre société a besoin d’un énorme bond créatif : cette école a pour ambition de l’illustrer.

Jacqueline Febvre


[1] « Il y aura l’âge des choses légères », ouvrage publié en 2003 sous la direction de Thierry Kazazian ;
Changer d’ère, exposition Paris Cité des sciences et de l’industrie 2006, co-commissariat scientifique O2 France
et Jacqueline Febvre.