Jeunes Designers 2019

EXPOSITION JEUNES DESIGNERS 2019

Venez découvrir les projets des diplômés 2019 (DNSEP – grade Master) : Antoine Blouin, Grégory Brunet, Alexandre Esteves, Emmanuelle Farges, Martin Foucaut, Manon Houille, Adrien Jacquemet, Tiinga Makilawe Kpema, Marius Lolichon, Anthony Panie, Marie-Sara Raveneau, Erwan Roussel, Hugo Vidil et Elvira Voynarovska.

Exposition à l’ÉSAD Orléans du 17 au 27 septembre 2019
Vernissage le jeudi 19 septembre à 18h

Exposition à la Galerie Le French Design by VIA du 1er au 11 octobre 2019
Vernissage le vendredi 4 octobre à 18h30

Coordination : Uli Meisenheimer & Sébastien Pons
Identité visuelle : Adrien Jacquemet & Anthony Panie (DNSEP 2019)
Scénographie : Grégory Brunet & Alexandre Esteves (DNSEP 2019)

Lien vers le catalogue Jeunes Designers 2019

 

LES PROJETS

Antoine BLOUIN
Scrolling CO2, écologie attentionnelle et environnementale

Scrolling CO2 découle d’une recherche sur « l’équilibre attentionnel » entre réalité et virtualité. Sensible à la question écologique, celle « attentionnelle » liée à la question du bien-être, et celle « environnementale », liée à la question des émissions de CO2 par l’utilisation des écrans de téléphones. Antoine Blouin a amorcé un travail visant à donner une représentation physique et sensorielle à un phénomène non visible. Cette réflexion l’a conduit à penser un dispositif qui se propage dans l’espace par une logique combinatoire et organisée, invasive et multidirectionnelle, inspirée de la forme de la molécule de carbone. Cette composition modulaire exprime la masse volumique de notre consommation de temps d’écran. Une minute passée sur notre téléphone produit 57 grammes de CO2 dans l’atmosphère. Un Français passe en moyenne 600 minutes par semaine sur son portable, soit 10 heures. Le dispositif a été pensé en cire de synthèse pour qu’il n’y ait aucune perte de matière.

Diplômé du DNSEP Design Objet/Espace

Grégory BRUNET
Écoute ligérienne, Q
uand la ville joue la nature

Ce projet fait suite à une étude sur l’univers des sons de la ville, engendrant une interrogation sur le confort auditif urbain. Après un premier travail de cartographie sonore favorisant la compréhension de l’organisation sonore d’Orléans et la recherche de lieux où une intervention est nécessaire, Grégory Brunet propose de rendre visible les sons dans l’espace urbain. Il souhaite ainsi faire prendre conscience aux habitants d’Orléans de l’ampleur de la nuisance sonore.

Écoute Ligérienne se traduit par trois dispositifs sonores qui ont pour objectif de réintroduire la Loire dans l’espace urbain avec trois sonorités dont les particularités sont de donner à voir un phénomène et donner à entendre un autre. Par le vent nous entendons l’eau ; par l’eau, les oiseaux et par les oiseaux, le vent. En faisant apparaître des sonorités presque oubliées, ces dispositifs se veulent poétiques par leur dimension contemplative et par la métamorphose du paysage sonore.

Diplômé du DNSEP Design Objet/Espace avec mention

Léa DEKENS
Design incertain : la métamorphose

Diplômée du DNSEP Design Objet/Espace

Alexandre ESTEVES
Collapsolab’, Imminence d’un effondrement annoncé 

Alexandre s’est intéressé à la question de l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle, c’est-à-dire basé sur les énergies fossiles et notamment l’émergence de cette nouvelle notion qui étudie ce phénomène, la collapsologie. Il a pour cela cherché à mettre en avant des solutions déjà existantes et accessibles en orientant son travail autour de la question de l’eau. 
À partir d’objets/déchets qui à la base nous permettent d’avoir un confort omniprésent dans nos vies mais qui en cas d’effondrement viendrait à manquer rapidement (eau courante, eau chaude, électricité et gaz), il a récupéré des ballons d’eau chaude et des bouteilles de gaz qui lui ont permis par la suite d’imaginer une gamme formelle et de réaliser une série d’objets fonctionnels réunissant – un récupérateur d’eau de pluie, un filtre bio-sable, un bac qui accueille des plantes mellifères, trois contenants accueillant des oyas, ainsi qu’un frigo du désert, un séchoir solaire et enfin un lombricomposteur. 

Diplômé du DNSEP Design Objet/Espace avec les félicitations du jury
Lauréat du Prix René Thinat 2019

Emmanuelle FARGES
Les algues comme aliment de demain, une proposition de design global

Quel sera l’avenir du repas dans les trente années à venir ? C’est à partir de ce questionnement, en ayant conscience des enjeux environnementaux (élevage intensif, épuisement des ressources, gaspillage à outrance…) qu’Emmanuelle Farges a étudié les alternatives possibles pour un monde qui devra accueillir et nourrir 10 milliards d’êtres humains en 2050. Elle s’est intéressée plus particulièrement aux algues qui sont des végétaux marins aux richesses nutritives évidentes.
Comment intégrer cette ressource très peu valorisée en Occident en terme d’alimentation ?
Alga est un espace scénographié qui s’inscrit dans un événement alimentaire annuel Taste of Paris au Grand Palais, et qui se veut être la promotion de l’algue comme aliment de demain.
Emmanuelle s’inscrit dans une démarche de design global puisque elle y aborde des notions telles que l’espace scénographique, la sensibilisation au grand public, l’aquaculture, le design culinaire et le design d’objet. Les algues sont déjà consommées dans de grands établissements gastronomiques. Le but de ce projet est de les faire connaître de tous et ainsi entrevoir une alimentation de demain responsable.

Diplômée du DNSEP Design Objet/Espace avec les félicitations du jury

Partenaires : Algolesko / Taste of Paris / Chef Louly Chounlamany

Martin FOUCAUT
Espaces médiatiques

Espaces médiatiques porte sur la question de la représentation à travers les différents médias, supports et espaces de représentation. Martin Foucaut réfléchit en premier lieu au statut de l’écriture et de la lecture en réseau, en programmant son mémoire sous la forme d’un site web consultable en ligne. Par la suite, il a souhaité interroger les effets du processus de transposition du Web vers le print, en imprimant cette publication sur différents supports physiques, depuis le site espacesmediatiques.martinfoucaut.com. Il s’agit enfin de concevoir une scénographie souhaitant mettre en espace ce texte et ces images issus du web. Elle s’incarne alors sous la forme d’une interface d’exposition directement inspirée du réseau de pages web que constitue sa publication en ligne. Nous y retrouvons une série d’installations interactives souhaitant donner à voir, à lire, mais aussi à faire une expérience physique des nouveaux médias.

Diplômé du DNSEP Design Visuel/Graphique avec les félicitations du jury

Manon HOUILLE
SHORT MESSAGE SITUATIONS : la correspondance à l’ère du numérique

À l’ère des modes des correspondance numériques telles que les messageries instantanées, notre manière de communiquer avec nos proches a radicalement évolué. En quoi l’évolution de ces correspondances, de la lettre au SMS, conditionne de nouvelles formes plastiques de l‘écriture ?
Avec le SMS, de l’écriture à l’image, il n’y a qu’un pas… En plus d’avoir créé de nouveaux langages comme 
les emojis, il a créé de nouvelles situations de correspondance ; qui ne s’est jamais trompé de destinataire ou n’est jamais resté sans réponse ?
Le projet SHORT MESSAGE SITUATIONS dont l’objet principal est un roman graphique, propose une mise 
en scène des situations auxquelles deux correspondants peuvent être confrontés en communiquant exclusivement par message. À la fois un travail sur les mots, leur sens et les signes, le projet se veut ludique et accessible ; chacun peut se reconnaître dans une situation de vie quotidienne.
Ce projet tente d’interroger le public sur la manière dont il communique avec l’autre et tente de ralentir l’usage effréné des télécommunications, afin de donner une certaine forme de pérennité à un mode de correspondance immatériel et standardisé.

Diplômée du DNSEP Design Visuel/Graphique avec les félicitations du jury
Lauréate du Prix René Thinat 2019

Adrien JACQUEMET
L’immersion dans le paysage, une nouvelle approche de l’identité visuelle territoriale

L’objectif d’Adrien est de proposer une alternative aux conceptions marketings des identités visuelles de territoires. Le logotype est souvent présenté comme la pierre angulaire d’une identité visuelle, mais celui-ci est trop restrictif et se contente souvent d’illustrer qu’une particularité du territoire.
Adrien s’est donc immergé, par la marche et la photographie, dans le paysage Orléanais afin de capter l’identité de la ville et de proposer une identité visuelle cohérente avec celle-ci. Il n’a cependant pas trouvé de réelle identité territoriale, ni de lien entre le territoire et l’habitant. La communication de la ville d’Orléans est axée sur le centre historique qui représente environ 1/7 de sa superficie, ce qui n’est pas représentatif de la réalité globale du territoire. On constate comme dans beaucoup d’autres villes un phénomène de métropolisation qui tend à uniformiser le bâti et les modes de vies. L’identité territoriale issue de l’interaction de l’habitant avec son territoire disparaît.

Ce projet graphique est un système typographique qui permet de communiquer sur le territoire en s’adaptant à ses communs afin de montrer l’impact du geste quotidien du citoyen et de le relier au territoire.

Diplômé du DNSEP Design Visuel/Graphique

Tiinga KPEMA
Le corps comme support musical

Les recherches de Tiinga ont portées de manière générale sur les rites de passages tribaux dans un processus de création contemporaine. Inspiré de la logique des productions et expressions plastiques traditionnelles africaines, son projet plastique a été pensé dans une idée d’interactivité lui permettant de jouer d’un possible échange entre deux cultures. Cela a été pour lui un moyen de montrer comment un rite de passage pouvait susciter une réflexion pouvant aboutir à une création plastique, formelle. 

Ce projet a pris forme à travers une série de dessins portant sur la perception du corps dans les rites de passage kabyèn, ethnie du nord du Togo, puis la conception d’un système de notation de leur musique traditionnel, inspirée graphiquement de leur style de scarifications. Cette notation a abouti à trois autres projets : une installation de motifs, un projet de performance mêlant la musique et la danse pour créer une série de dessin puis une installation de masque mêlant une pratique artisanale et le numérique.

Diplômé du DNSEP Design Visuel/Graphique

Marius LOLICHON
Fantasmagories – réflexions sur le regard 

Le projet Fantasmagories – réflexions sur le regard consiste à questionner la relation entre l’auteur et le lecteur et développe un propos autour de la question du regard. Pour ce faire, le projet se concentre autour de la figure mythologique d’Actéon qui, dans l’histoire de la peinture classique, symbolise le regard. Le mythe raconte l’histoire d’un chasseur, Actéon, qui surprend, au cours d’une chasse, la déesse Diane prenant son bain. Furieuse d’avoir été vue nue, elle le transforme en cerf, le condamnant à être dévoré par ses propres limiers. Ce mythe nous rappelle ainsi que voir n’est pas innocent et que l’on peut parfois en payer le prix fort, à savoir la mort. Le projet est composé d’un travail d’illustrations au critérium en noir et blanc, qui raconte la tragique rencontre entre le chasseur et la déesse. Ces dessins font l’objet d’une édition de 18 pages, intitulée Phantasma.

Diplômé du DNSEP Design Visuel/Graphique avec mention

Anthony PANIE
La ville, le rap, représentation des marginalités urbaines

La ville étant un espace complexe et stratifié, Anthony Panie a souhaité dans ce projet se questionner sur la représentation des marginalités urbaines, qu’elles soient géographiques, sociales, ou bien dans une forme de poétique comme la nomme Pierre Sansot. Mesurant l’importance du langage, il était évident de travailler sur le rap, expression urbaine, qui porte une volonté de représentation par des mots, des rythmes, des musicalités.

Le projet prend des formes variées qui s’articulent sur les relations qu’entretiennent la matérialité de la ville et cette forme de poésie urbaine plurielle qu’est le rap. Le projet se déroule en trois temps autour de trois notions présentes dans cette expression et qui se mêlent : le texte, les images évoquées, et la musicalité.

Diplômé du DNSEP Design Visuel/Graphique

Marie-Sara RAVENEAU
Dys Positif

Le projet Dys Positif est un outil de ressource et de sensibilisation mais aussi d’échanges et de discussions à la manière des salons du 18ème siècle. 
Ce site propose des alternatives pour mieux comprendre la dyslexie et venir en aide aux différents acteurs concernés qui sont les dys, les parents et les enseignants. Il permet de sensibiliser à travers des expériences, mais aussi par la communication autour de la documentation existante et de l’actualité de la recherche. Le travail sur l’identité graphique accompagne le processus d’information et de sensibilisation en cherchant d’une part à être plus accessible aux dys, notamment en leur offrant la possibilité d’intervenir sur le cadre de lecture, mais également à rendre perceptible au public certaines des caractéristiques de visions les plus marquantes et typiques de la dyslexie. Ainsi chacun peut ressentir, les difficultés d’autrui.

Diplômée du DNSEP Design Visuel/Graphique avec mention

Erwan ROUSSEL
Les maléfices que je jetai sur la ville

Ce projet est une réflexion expérimentale sur notre rapport à l’espace public et nos modalités d’apparition en son sein. Comment se saisir de cet espace à tous et à personne, pour s’y exprimer, se manifester ou y trouver refuge ? M’inspirant de différentes formes de regroupements collectifs, comme le carnaval, la manifestation politique ou le théâtre de rue, j’explore le graphisme et la performance de manière concomitante. Le carré de tissu, médium tangible de ce projet, devient par la manipulation d’un groupe tantôt bannière, déguisement, peau, tantôt abri, tapis ou enclos. Nous avons ainsi expérimenté collectivement des processus de camouflage, de surgissement, de protestation, d’expression lors de performances furtives et protéiformes. Comme une tentative répétée de faire de cet espace parfois hostile et invisibilisant un lieu de discours sensibles, une terre à ré-enchanter.

Diplômé du DNSEP Design Visuel/Graphique avec les félicitations du jury

Hugo VIDIL
Baptême de l’air, atelier de valorisation des plumes d’en bas  

Peut-on à la fois cultiver/élever notre nourriture et nos matériaux ? Ce projet porte sur la valorisation des déchets organiques. Ciblant particulièrement ceux générés par notre alimentation, il ambitionne de soustraire la plume à sa finalité détritique dans le secteur avicole. 
Atelier de recherche et d’expérimentation, Baptême de l’air vise à exploiter les différentes qualités et propriétés de cette ressource peu exploitée. Une plume est constituée de deux types de fibres appelées barbes : les barbes duveteuses, dédiées à l’isolation thermique, et les barbes rigides, qui donnent ses couleurs à l’oiseau, le protègent et permettent le vol. 
L’enjeu du projet était de parvenir à extraire ces deux fibres, pour les exploiter séparément et identifier des applications potentielles. La mobilisation d’un liant biosourcé a alors permis d’obtenir un matériau très fin, souple et léger, aux application variables : isolation thermique et acoustique pour le premier type de fibre, et travail sur la lumière, la transparence, l’opacité et la couleur pour le second.

Diplômé du DNSEP Design Objet/Espace avec les félicitations du jury

Elvira VOYNAROVSKA
Animal Symbol comme support de pensée

Elvira questionne la relation que l’homme entretient avec les animaux et notamment les insectes sociaux à travers la notion de l’habitat. Elle a pu constater une vraie mise à distance du monde vivant au sein de notre société avec une pensée anthropocentriste où l’homme se place à l’extérieur du vivant en ayant une posture de domination ou d’exploitation. Ce projet est donc parti d’un souhait de rééquilibrage de la position de l’homme vis-à vis de son environnement. A travers sa production, elle propose de créer des rapprochements entre diverses espèces pour réenvisager notre manière de vivre dans un écosystème.
Sa recherche a pour objectif de mettre en valeur ces liens entre les êtres qui partagent le même vocabulaire formel, d’appuyer sur nos ressemblances et créer des passerelles entre les humains et les non humains dans une envie de rendre nos mondes divisés davantage poreux. Elle a mené une réflexion plastique afin de trouver des analogies formelles entre les habitats primaires humains et les habitats des insectes sociaux. En faisant le choix de se concentrer sur une seule espèce, elle propose d’explorer l’habitat du termite en tant que symbole d’unicité et d’interconnexions complexes, transposé à celui des hommes pour accentuer le maillage du vivant dont nous faisons partie. Les multiples formes de la termitière révèlent une ressemblance visuelle avec les architectures primitives humaines comme la grotte ou les habitats troglodytes. Ce choix est né d’une lecture du livre de M. Maeterlinck « La vie des termites ». Elle a été fascinée par cette espèce pour leur façon de cohabiter ensemble ainsi qu’avec leur environnement, en bâtissant des architectures ingénieuses dans une économie de moyens et le recyclage constant. Inspirée par leurs processus de production, et la richesse du vocabulaire formel, elle a exploré cette figure de la termitière pour concevoir une famille de formes visuelles et développer de nouveaux langages plastiques.

Diplômée du DNSEP Design Visuel/Graphique

Crédits photos ©ÉSAD Orléans/Paul de Lanzac