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Grands Ateliers de Janvier 2020

Les Grands Ateliers de Janvier 2020, moment incontournable de fin de premier semestre, ont lieu du 27 au 31 janvier 2020. Ils s’adressent à tous les étudiants, toutes options confondues et se composent de 15 ateliers qui permettent à 20 spécialistes, designers, plasticiens, auteurs, architectes de cerner un sujet dans toutes ses profondeurs et variétés, chacun à sa façon. Chaque année, ces ateliers donnent aux étudiants la possibilité de travailler sur des projets “grandeur nature” pendant une semaine.

 

PROGRAMME

1. SCRIPTER GUTENBERG :
DES PUBLICATIONS DE PAPIER ET D’ÉCRAN

(en lien avec l’atelier de recherche et de création Éditions nouvelles formes)

Du papier à l’écran, la dualité s’estompe tandis que les formes de publication migrent d’un support à l’autre et réciproquement. La composition fixe de la page imprimée rencontre l’interactivité et le flux liquide et adaptable des écrans. C’est le design responsive qui  s’étend aujourd’hui jusqu’au papier. Il devient possible à partir d’une même source de distribuer un contenu sur différents supports en lui appliquant une mise en forme adaptée à sa destination. Cette existence hybride tire la conception graphique vers de nouveaux possibles : livres programmés, sites web typographies, publications multisupports, flux paginé, pages adaptables, textes paramétrables, formes génératives…
Pour cela, il faut mettre les mains dans le code et les langages du web — technologies
libres, open source et collaboratives. L’objectif de ce workshop est d’utiliser un navigateur web et les langages HTML et CSS pour composer et recomposer la page — la page imprimée aussi bien que la page web.

Avec Julie Blanc et Lucile Haute
Julie Blanc est designer graphique et chercheuse en design graphique et ergonomie. Elle est doctorante au laboratoire Paragraphe de l’Université Paris 8 et au laboratoire de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris (EnsadLab) dans le cadre de l’école de recherche universitaire ArTeC (Art, Technologies et Création). Elle contribue au développement de Paged.js, une librairie JavaScript permettant d’imprimer des livres depuis les navigateurs webs.

Lucile Haute est artiste et chercheuse en art et en design. Elle est maîtresse de conférences à l’Université de Nîmes et chercheuse associée à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris (EnsAD – PSL). Ses travaux portent sur les formes hybrides de récit (texte, performance, installation, vidéo), le livre d’artiste et les éditions d’art imprimées et numériques. Appliquant des méthodologies de recherche-création, elle étudie et réalise des éditions hybrides et multisupports avec les technologies du web.

2. PAS-SAGE
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Espaces Communicants)

Qu’est-ce qu’un lieu de passage ? Que faisons-nous dans un lieu de passage ?
La rue, la place publique, l’agora ou encore les couloirs de l’école sont des espaces traversés et re-traversés ; comment les expérimenter autrement ? Le collectif Ne Rougissez Pas ! propose de construire une réflexion sur la re‑qualification d’espaces de transition d’un lieu à un autre. Les étudiant.e.s enquêtent sur les mouvements et les circulations dans l’école ou prospectent dans les rues aux alentours. Nous détournons les usages ordinaires que l’on trouve dans les “passages” en produisant des éléments perturbateurs de ces lieux de transition. L’objectif est de surprendre, de faire réagir les passants. Pour cela, les équipes du PAS-SAGE doivent apporter des ponctuations, des indices dans ces lieux parcourus, avec comme intention de voir, de sentir, de s’arrêter ; pour vivre une autre expérience de ces passages.

Avec Marion Poujade et Florent Alexandre du Collectif Ne Rougissez Pas !
Le collectif Ne Rougissez Pas ! s’appuie sur une pratique sans cesse mouvante, dont l’invention part de deux principes : un mélange de savoir‑faire artistiques servant une création participative et politique. Au moyen d’outils manuels et d’ateliers, mis à disposition dans des structures partenaires ou dans l’espace public, nous plaçons l’humain au centre de notre démarche, afin de réfléchir ensemble à notre manière de vivre
dans notre environnement. Nous souhaitons expérimenter et créer avec les autres, au sein du collectif comme au coeur de la ville, pour définir comment placer le rêve commun dans une réalité individuelle. Créateurs de contenu circulant entre plusieurs savoir-faire techniques : Graphisme + Identité visuelle + Illustration + Art + Pédagogie + Reliure +
Sérigraphie + Formes filmiques + Designw3.

3. DONNÉE DU TEMPS
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Technologies et société)

À chacun sa perception du temps. À partir d’une donnée liée au temps, les étudiant.e.s doivent concevoir une oeuvre en céramique. Cette oeuvre doit matérialiser cette donnée en démontrant les paradoxes, les doubles sens et les contradictions que la notion du temps représente dans la création. Les processus de conception et de fabrication doivent être perceptibles au sein du résultat final. Le workshop est ponctué de moments d’attente, de réflexion et de contemplation de la réalité qui passe.

Avec Patrick Paleta du studio de design Chevalvert
Diplômé de l’école Estienne en design typographique et des Arts Décoratifs de Paris en édition, Patrick Paleta se spécialise dans la création de systèmes graphiques et visuels. En 2007, il a co-fondé le studio de design visuel Chevalvert avec Stéphane Buellet. Sa pratique du design s’articule autour du signe, de la matière et du mouvement. Il enseigne à l’École Supérieure d’Art et de Design d’Amiens.

4. DESIGN D’UN PAYSAGE MELLIFÈRE
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Expérience(s) du Sensible/La biodiversité en question)

Un paysage mellifère est un design de paysage qui n’est pas à finalité humaine : il s’envisage pour les abeilles (et toute l’entomofaune pollinisatrice) à partir de leurs relations avec les fleurs. Dans un exercice de décentrement, il s’agit d’abord de ne plus considérer la perte de l’anthropocentrisme comme une menace mais comme une augmentation relationnelle au vivant (sensible & pragmatique). Connaître les abeilles et leurs relations aux plantes débouchent sur la nécessité d’un paysage comme milieu vivant diversifié et riche pour assurer leurs vies et procréations. Designer un paysage mellifère, c’est réenvisager les rapports d’intérêts humains/animaux/végétaux : comment nos activités humaines rentrent dans une cohabitation symbiotique avec l’ensemble du vivant ? Le workshop comprend entre autres : Présentation d’une approche sensible au paysage avec les abeilles comme médiatrice : manifeste du paysage mellifère & l’herbier des abeilles et sortie sur le terrain ; Visite chez un apiculteur de l’association « l’abeille Olivetaine » ; Créations en atelier et visite sur le terrain d’un parc, jardin, zone naturelle selon le point de vue du paysage mellifère. Les étudiant.e.s sont sollicité.e.s tout le long du workshop à déterminer ce qui les intéresse, questionne, rebute ou passionne afin qu’elles/ ils déterminent des « rencontres », c’est-à-dire découvrir l’hypothèse d’un agencement soit humain/ soit animal/ soit végétal qui puisse donner lieu à de futures explorations/ expérimentations. Le paysage mellifère n’étant qu’un exemple parmi des relations à réactualiser/réinventer/réagencer/ etc. avec le vivant.

Avec Olivier de Sepibus
Olivier de Sepibus se présente comme artiste-plasticien et apiculteur. Il s’est consacré à la photographie documentaire et de reportage entre 1994 et 2004 ; cette période s’est clôturée avec l’ouvrage Retraite paru aux éditions « Le Bec en l’Air ». La découverte du « Land Art » a totalement réorienté sa pratique artistique vers des travaux d’œuvres installées in situ dans des milieux naturels. En 2011, il prend ses premières ruches et démarre le projet « Le goût du paysage », toujours en cours.

5. RÉVÉLER UN LIEU PAR LA LUMIÈRE

Après une présentation du métier de concepteur lumière et des notions principales qu’un éclairagiste emploie au quotidien, l’atelier proposera de découvrir et de manipuler du matériel couramment employé en éclairage architectural et muséographique (réglage d’un cadreur, fabrication d’un gobo, emploi de filtres colorés, etc.), ainsi que de se familiariser avec des outils informatiques spécifiques (réalisation d’un plan lumière et de calculs d’éclairement). Les différentes réflexions amorcées lors de l’atelier se concrétiseront par la mise en oeuvre d’une installation lumière dans un contexte déterminé.

Avec Anthony Perrot de l’agence 8’18’
Après un BTS Design d’Espace, Anthony Perrot s’est spécialisé en conception lumière, en intégrant l’agence 8’18’’, puis comme indépendant depuis 2010. Il a participé aux mises en lumière de lieux culturels emblématiques tels que le musée du Quai Branly à Paris, le Centre Pompidou à Metz, ou encore la nouvelle copie de la grotte de Lascaux, inaugurée en 2016. Aujourd’hui, il collabore régulièrement avec des architectes, des scénographes, des muséographes, des paysagistes, pour apporter des conseils et solutions d’éclairage à leurs projets.

6. FX_IRL */ Effects_In-Real-Life /*

Effets spéciaux, [Feux d’] Artifices, Deus ex machina, trucs et astuces etc., il s’agit de créer des effets visuels et sensoriels à l’aide de matières et de mouvements pour donner corps à un instant poétique ou narratif. Tissu, lumière, eau, sons, mécanismes… seront à manipuler, à instrumenter et surtout à mettre en scène.

Avec Juliette Gelli et Alexandre Contini
C’est entre les cliquetis d’une centaine de tubes fluorescents, d’autant de matrices de LED et de nuages de brumes projetés que Juliette Gelli, designer formée à l’ENSCI et Alexandre Contini, ingénieur, artiste numérique, scénographe, se sont rencontrés, lors de  l’installation de leurs œuvres respectives sous le soleil du Macki Festival. Ils ont ensuite allié leurs forces et envies pour créer, avec le designer Raphaël Pluvinage, les Fantômes du musicien Flavien Berger, sorte de Band robotique tout en volutes qui l’accompagne en tournée. Depuis ils composent en duo des installations, scénographies et images oscillant entre moteurs pas à pas, feux d’artifice de pixels et miroirs noirs boules à facettes.

7. SANS LES MAINS !
Jeux vidéo et interfaces alternatives

En partant d’un jeu vidéo existant (vintage et classique, de préférence), il s’agit de concevoir une interface physique ou un dispositif qui vont changer la manière d’appréhender ce jeu. Nouvelles règles absurdes, jeu en équipe, détournement, contraintes stupides, tous les moyens sont bons pour modifier les façons de jouer à des jeux mondialement connus. Ces interfaces peuvent prendre la forme d’objets à manipuler pour interagir, de travail sur la gestuelle ou le rituel, de déplacement dans l’espace, utilisation de la voix… Humour et idées folles sont les bienvenues. Des outils et des logiciels simples d’accès (qui ne nécessite aucune une expérience en programmation ou en électronique) seront mis à votre disposition. Ce travail est un prétexte, entre autres, pour aborder les notions de game design, de design d’interaction, d’expérience utilisateur (UX) et de conception d’interfaces physiques. Et s’amuser. Aussi.

Avec Florent Deloison
Florent Deloison est diplômé de l’école supérieur d’art d’Aix en Provence et a étudié à la School of the Art Institute de Chicago et à l’école nationale supérieure des Arts décoratifs. Il enseigne à Paris le design interactif à l’ENSCi – Les Ateliers et à l’ÉSAD Orléans. Il a exposé
en France et à l’étranger, lors de festivals ou au sein d’institutions (Centre Pompidou, Gaîté Lyrique, 104…). Son travail, s’inscrivant dans le mouvement du GiscardPunk, s’attache
à révéler les objets d’une époque qui n’a jamais eu lieu. Ces propositions, remettant en cause les questions d’efficience ou d’usabilité, sont fortement marquées par le jeu vidéo, la culture populaire, le cinéma ou encore l’histoire contemporaine. Il s’intéresse aux flux, aux transformations de données et à la matérialisation d’informations. Il utilise le monde
et ses nouveaux éléments (médias, réseaux, flux de données…) tel un robinet qui va alimenter ses œuvres.

8. DE TOUTES PIÈCES

À la manière d’un jeu de construction, selon des principes d’assemblage et d’empilement, ce workshop invite à la construction collective d’une installation sculpturale : totem et/ou cabane, architecture utopique. Nous élaborons une structure à partir d’objets hétéroclites réinvestis : ustensiles, bibelots, rebuts et matériaux divers. La réalisation opère alors selon les matières mêmes, les morphologies et les pouvoirs d’évocation des objets… La pratique de l’assemblage les fait dialoguer et communier, à terme, en une structure hybride, collective.
Le jeu des rencontres, les secrets des trouvailles et des métamorphoses d’objets impliquent à la fois l’intime et le collectif, le hasard et la logique, un sens concret et une dimension subtile des interrelations. Il s’agit d’agencer entre elles des entités hétérogènes pour donner corps à un ensemble composite, né d’identités plurielles, dénaturées et transformées. Architecture hybride, mobilier transgenre, ustensile monstrueux : il faudra, pourtant, « que ça tienne » – et ce non tant par un effet de structure qu’en raison même de cette singularité nouvelle. Dans le temps même de la collaboration, s’élabore et se raconte l’histoire de cet objet. Sa réalisation lui attribue, pour ainsi dire intuitivement, des faisceaux de fonctions : individuelles et sociétales, symboliques ou rituelles… La création collective implique à ce titre une réflexivité à l’égard des objets, de leur statut et de leur nom. Elle s’accompagne d’une interrogation au sujet des pratiques, des gestes et des formes par un imaginaire propre au jeu.
Le principe d’économie de moyen nous permet de trouver des solutions simples pour assembler et articuler les pièces et matériaux divers. Certaines techniques d’assemblage mécanique ou de menuiserie viennent appuyer les solutions trouvées.

Avec Charlie Boisson
Né en 1980, Charlie Boisson est plasticien, diplômé des Beaux‑Arts de Saint-Étienne en 2005. Son travail a été montré à l’occasion de la 61e édition du salon de Montrouge en 2016, de la 68e édition de Jeune Création aux Beaux-Arts de Paris en 2018 et dans d’autres projets collectifs tels que Open Sky Museum dans le cadre du projet de recherche + de réalité des Beaux-Arts de Nantes ou encore Le Parcours Saint-Germain en 2017. Il a bénéficié d’une exposition personnelle à la galerie Tator et à la galerie Bikini à Lyon en septembre 2018, une exposition personnelle lui a également été consacrée à Paris en mai 2019 dans l’espace de l’association L’ahah.

9. ACTION ! Vidéo et espace public

À la façon de Boris Achour dans Actions-Peu (1995-97) ou de Pierre Huygues dans Dévoler (1994), les étudiant.e.s réalisent des interventions éphémères dans l’espace public avec des éléments trouvés sur place ou des matériaux peu onéreux, comme du scotch, du carton, des tracts, des affiches… Ces interventions peuvent être politiques, poétiques, absurdes ou graves. Elles doivent afficher une distance amusée ou critique par rapport aux codes de l’urbanisme, elles doivent interpeller, dévier le regard en perturbant l’organisation établie des signes visuels.

Avec Flavie Pinatel
Flavie Pinatel est réalisatrice et plasticienne, elle vit et travaille entre Marseille et Aubervilliers. Son travail a été montré au FID Marseille, à la biennale de Lyon, au BAL, à Visions du réel (Nyon), au festival de documentaire de Lussas. Elle enseigne actuellement les arts plastiques à l’École nationale d’architecture de Paris La Villette. Son dernier documentaire de création « Les chants de La Maladrerie » a été primé quatre fois dans des festivals nationaux et internationaux.

10. ARCHITECTURES OPPOSITIONNELLES, OBJETS COMMUNS
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Nouveaux Territoires)

L’architecture est une situation faite de corps, de gestes et d’objets. Engager le croisement des concepts d’espace public et de commun nous incite à appréhender autrement le processus de production de nos milieux vécus, notamment à déplacer certains antagonismes (public vs. privé, institution vs. société civile etc.). L’architecture qui constitue le cadre des lieux vécus se situe traditionnellement du côté du « public » en tant qu’institution et modèle politique, et se conçoit dans des cadres réglementaire et normatif, préservant la dichotomie public-privé tant dans sa production que dans sa gestion.
Dès lors que les architectures s’engagent sur le champ du commun, elles se positionnent de manière critique vis-à-vis de cette architecture « instituée », garante non de l’intérêt « commun » mais de l’intérêt public. Elle s’engage dès lors dans une démarche critique et oppositionnelle. Par un exercice de ré-appropriation et de détournement d’objets  communs – au sens d’usuels, de partagés –, nous tentons d’expérimenter au cours de ce workshop, une telle démarche critique. Partant du potentiel subversif de ces objets et gestes du quotidien détournés, réorganisés, ré-assemblés, nous visons à produire une série d’architectures oppositionnelles au sens de situations tentant, symboliquement ou concrètement, à critiquer voire destituer la normativité et les architectoniques politiques composant la sphère publique.

Avec Alexis Gouin et Victor Barasoain du collectif YA+K
YA+K est un collectif pluridisciplinaire basé à Bagnolet. Développant des projets et actions au croisement des disciplines (urbanisme, art et design) et des formats, les travaux de YA+K interrogent les capacités de l’architecture — comme pratique, gestes, processus et production — à expérimenter et construire collectivement de nouvelles configurations spatiales et politiques.

11. ENQUÊTE EXTRA-DISCIPLINAIRE ET RÉCIT SPÉCULATIF
(en lien avec le programme de recherche en préfiguration « Blockchain in Média »)

Workshop hors-les-murs, résidence au Centre d’art contemporain Les Tanneries d’Amilly
Entre 2013 et 2019, plusieurs fuites de documents issues des banques mondiales ont fait la une des journaux : Offshore Leaks, Swiss Leaks, Panama Papers ou encore, Paradise Papers. Ces scandales médiatiques ont fourni une abondante littérature révélant l’existence d’un véritable réseau financier occulte. Le collectif RYBN en a fait la matière première d’une série d’installations artistiques et documentaires, The Great Offshore. Mais loin de se limiter à des écritures comptables, aux célébrités épinglées ou à l’imagerie des cocotiers et des plages de sable fin, le projet dévoile une matière riche de spectres et de fantômes, de conquête spatiale, d’animaux fantastiques, de récits coloniaux contemporains, d’enquêtes de détectives, et de mille autres figures. Le workshop se veut une entrée pratique dans la méthodologie de l’enquête artistique et des pratiques extra-disciplinaires, tout autant qu’une invitation à retravailler la matière de The Great Offshore, à la transfigurer, mais aussi plus simplement, à s’en inspirer comme un réservoir à stratagèmes, pouvant enrichir des pratiques plastiques, émergentes ou établies.

Avec le collectif RYBN
Ce collectif de recherche artistique indépendant – basé à Paris – a été fondé en 1999. Il mène des enquêtes extra-disciplinaires sur des sujets complexes, techniques, occultes et ésotériques, comme le trading et les structures de marchés haute fréquence, les réseaux de la finance offshore, les racines kabbalistiques des architectures cybernétiques, le retour de la figure du calculateur humain dans l’organisation du travail spécifique au digital labor, etc. Les formes plastiques issues de ces recherches cherchent à s’étendre en dehors des whites cubes de l’art contemporain, en se disséminant dans des espaces où elles sont à même
de créer des effets d’échos, de résonance et de feedback avec leur contexte d’origine : marchés financiers, réseaux électroniques de communication, spectre électromagnétique, marchés des micro-tâches, etc.

12. USAGE SENSIBLE : Une réflexion sur l’utilisation de l’impression 3D dans un monde aux ressources finies

A quoi sert l’impression 3D ? Avec l’émergence de tout nouvel outil se pose la question de son utilité et de sa pertinence. Avec sa démocratisation vient son lot de gadgets et de dérives. Pourtant, son large potentiel n’a pas fini d’être exploré. Selon le prospectiviste Jeremy Rifkin, l’impression 3D signe le début de la 3e révolution industrielle. Elle modifie les modes d’utilisation des ressources, nos moyens de production, de stockage, de transport des objets…
Aujourd’hui, la finitude des ressources, l’impact de l’Homme sur son environnement et l’affaiblissement des écosystèmes remettent en cause nos modes de vie. Quelle place peut prendre cet outil dans un contexte social, environnemental et économique complexe ? Après analyse des objets ramenés par chacun, nous étudions comment cette technologie numérique peut permettre de modifier la perception, redonner vie ou même « augmenter » ces objets, à l’instar du kintsugi, l’art de réparer les objets en céramique cassés avec de l’or, leur conférant ainsi encore plus de valeur.

Avec Julien Benayoun de l’agence Bold Design
Bold est une agence de design et scénographie créée par William Boujon et Julien Benayoun en 2008. Ils s’inspirent des derniers développements technologiques, des sciences et des arts pour imaginer leurs objets ou leurs espaces. Cette approche leur permet de collaborer avec des structures comme Le Laboratoire, Paris/Cambridge, le MIT Media Lab, le Centre Pompidou, Paris Design Week, Habitat, AYBAR gallery Miami, Galerie Bertrand Grimont, PLUMEN, etc. L’agence est également un laboratoire de recherche  autour des nouveaux usages et interroge les techniques traditionnelles et les technologies
numériques. Depuis leur collaboration en 2015 avec Dood Studio (concepteurs et  abricants d’imprimantes 3D), Bold développe de nombreux projets autour de l’impression 3D comme un système de stylos paramétriques, une collection de vases poilus en fibres végétales pour une galerie ou des enceintes bluetooth personnalisables.
Pour le Habitat Design Lab, l’agence a également développé des collections d’objets personnalisables et fabriqués à la demande au cœur d’une boutique et réinterroge ainsi les questions de conception, production et distribution des objets.

13. OBSOLESCENCE DÉPROGRAMMÉE

L’objectif de ce workshop est de ré-interpréter des objets technologiques sous une forme plus simple et plus pérenne. Pour cela, les étudiant.e.s doivent dans un premier temps comprendre les objets techniques qu’ils auront sélectionnés en ouvrant leur boîte noire et en la disséquant. Ensuite, il leur faut ré-agencer cet objet en utilisant un mono-matériau pour constituer l’enveloppe de celui-ci. Ce matériau constituant leur nouvel objet devra être imaginé comme interchangeable (donc dissociable de la partie technique), réparable et même évolutif afin de lui assurer une plus grande pérennité. Ses évolutions devront d’ailleurs pouvoir être réalisées par les usagers au travers de procédés frugaux pouvant s’inspirer de savoir-faire traditionnels. L’idée finale est d’obtenir une collection d’objets illustrant un nouveau type de conception spéculatif d’objets technologiques dont l’usager devient partie prenante et dont il peut maîtriser la durée de vie de celui-ci.

Avec Martin de Bie
Martin de Bie est un designer/enseignant/chercheur basé à Paris. Ses recherches personnelles s’articulent autour de l’hybridation entre savoir-faire artisanal et technologies numériques. Il poursuit plus précisément depuis cette année un travail autour de “l’électronique artisanal résilient” pour lequel il vient d’obtenir la bourse Agora 2019. Pendant de nombreuses années, il a collaboré avec la branche française du Graffiti Research Lab au sein de laquelle il a développé une approche expérimentale, combinant technologies d’interaction et pratiques socio-culturelles urbaines. Il a également co-fondé DataPaulette, un collectif multidisciplinaire à la croisée de l’art textile, de la recherche scientifique et des pratiques numériques qui prend la forme d’un laboratoire indépendant fonctionnant comme un hackerspace. Aujourd’hui, il partage son temps entre l’enseignement à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, de nombreux projets collaboratifs et ses recherches personnelles.

14. OBSOLESCENCE (RE)PROGRAMMÉE
« inculquer à l’acheteur le désir de posséder quelque chose d’un peu plus récent, un peu meilleur et un peu plus tôt que ce qui est nécessaire. » BROOKS Stevens

L’obsolescence programmée, « intelligence » de conception mise au service de la dégradation accélérée d’un appareil dans le but commercial de le remplacer, est une aberration écologique. Ce processus de dégradation contrôlé n’est pas sans rappeler le début de la définition de la ruine. « Processus de dégradation, d’écroulement d’une construction, pouvant aboutir à sa destruction. » Lorsqu’on confronte les notions de ruine et d’obsolescence programmée, des familiarités peuvent émerger. En effet, la ruine est le témoin d’une époque passée, elle parle d’un usage, évoque un mode de vie, retrace une manière de fabriquer… Il est intéressant de noter également que ce qui est qualifié de ruine aujourd’hui est probablement ce qui a été structurellement le mieux conçu à l’origine.
C’est ce qui a résisté. Ainsi, dans le cadre de ce workshop, les étudiant.e.s réfléchiront leur objet à l’envers, dans une démarche « d’obsolescence programmée positive » et donc il s’agira de commencer par ce qui restera ». Il s’agira de concevoir un objet du quotidien (hors objets électroniques), en ayant en tête ce que sera sa « ruine future ». Ce que l’objet laissera comme matière, trace, volume, qui deviendra porteur de nouvelles fonctions… une fois écoulé son temps d’usage premier. Les étudiant.e.s proposent un scénario d’évolution de leur objet vers sa « ruine », d’aujourd’hui à une temporalité qu’ils se fixeront pour aboutir à une solution environnementale au-delà du recyclage ou du réemploi.

Avec Philippe Riehling
Philippe Riehling pratique un design qui croise, au fil de ses projets respectueux de l’environnement, relecture de savoir-faire, circuits courts et lien social. Depuis plus de dix ans, il collabore avec des industriels, des artisans, des PME et des institutions publiques pour créer et développer des solutions aussi diverses que des objets, produits industriels, équipements urbains, mobiliers, scénographies itinérantes, dispositifs de médiation. Son activité se décline aujourd’hui également sous la forme d’un accompagnement stratégique au développement de projets, de l’organisation de concours de design ou encore de propositions s’appuyant sur des expertises naturalistes venant compléter la palette de services proposés.

15. OBSERVER ET INVENTER
En partenariat avec le Centre Chorégraphique National d’Orléans

OBSERVER
comment se construit une image
comment la construction peut être performative
INVENTER
Des images performées
Des performances imagées
PRÉSENTER

Avec Agnieszka Ryskiewicz et Olivia Gay
Formée en danse contemporaine en Autriche puis à Paris 8 et au CNDC d’Angers, Agnieszka Ryszkiewicz est attirée par la présence du corps dans d’autres disciplines et intègre le laboratoire de création du Palais de Tokyo puis le studio de jeu Pygmalion pour pouvoir
évoluer plus librement au gré des projets dans le milieu du théâtre, de la danse ou des arts visuels. Interprète et auteur de projet, son travail a été présenté en France et à l’étranger aussi bien dans des théâtres, musées et galeries que dans des contextes moins habituels comme des maisons d’arrêts, des écoles ou des centres commerciaux. Sa réflexion sur le temps et la mémoire ainsi que sur l’iconographie du corps féminin la mène vers des mises en scène sommaires, où les danseurs.euses deviennent des personnages de fictions
suggérées. En épuisant les mécanismes de la répétition, de la citation ou de l’efficacité, les corps et les objets échappent au contrôle des interprètes et deviennent alors plutôt espaces de projections que protagonistes.

Olivia Gay est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Elle a également étudié l’Histoire de l’Art à Bordeaux. Depuis 2017, elle est chargée de cours à l’Université Paris Panthéon-Sorbonne, et à l’Ecole Saint Charles (option photographie).
Ses photographies révèlent la présence de femmes inscrites dans un contexte sociétal qui tend à altérer leur visibilité. Le point de vue frontal, caractéristique de son travail interroge la nature du regard et la relation entre le photographe et son sujet. La démarche relève d’une intention de mise en lumière de cette réalité par le réemploi des codes esthétiques de la représentation iconique, dans un contexte documentaire. Ses travaux sont exposés en France et à l’étranger (Maison européenne de la photographie à Paris, galerie du Château d’Eau à Toulouse, Fondation MAST à Bologne, Pinacothèque de Sao Paulo, etc.)

REMERCIEMENTS

Intervenants
Florent Alexandre ; Victor Barasoain ; Julien Benayoun ; Julie Blanc ; Martin de Bie ; Charlie Boisson ; Alexandre Contini ; Florent Deloison ; Olivia Gay ; Juliette Gelli ; Alexis Gouin ; Lucile Haute ; Patrick Paleta ; Anthony Perrot  ; Marion Poujade ; Flavie Pinatel ; Philippe Riehling ; RYBN ; Agnieszka Ryskiewicz ; Olivier de Sepibus

Partenaires
Orléans Métropole
Mairie d’Orléans
Le 108
Centre d’art contemporain Les Tanneries d’Amilly
Centre Chorégraphique National d’Orléans

Équipes de l’ÉSAD Orléans
Emmanuel Guez, directeur
Laurence Salmon, coordinatrice du projet, historienne du design
Les équipes techniques et administratives
Les responsables d’atelier :
Boris Adamczyk ; Stéphane Bérard ; Marlène Bertoux ; Clémence Brunet ; Stéphane Détrez ; Madi Kassay ; Paul de Lanzac ; Camille Legriffon ; Virginie Péchard ; Marek Zaroslinski
Les étudiantes du Making-of : Mathilde Goncalves, Laurine Louet, Alicia Marty et Fleur Mautuit

Téléchargez le programme des Grands Ateliers de Janvier 2020

Exposition Mycelium, poïétique des formes vivantes

MYCÉLIUM, POÏÉTIQUE DES FORMES VIVANTES

Exposition du 7 février au 6 mars 2020 à l’ÉSAD Orléans
Vernissage le vendredi 7 février à 12h30

Proposant un point de vue au carrefour de l’art et de la science, l’exposition Mycélium, Poïétique des formes vivantes est un laboratoire d’expériences sensibles, où les processus scientifiques nourrissent une pratique sculpturale. 

Le mycélium serait le réseau neurologique de la nature. On le surnomme le Wood Wide Web. Il ramifie et lie tous les organismes vivants présents dans son environnement. 

A l’image du mycélium, cette recherche sur la mise en forme du vivant a donné lieu à de multiples variations et déclinaisons du vivant comme bio-matériau. Les découvertes et recherches fructueuses ne sont que le point de départ de nouvelles expérimentations. 

La notion de processus est ici centrale. Elle est illustrée par le choix du terme poïétique qui qualifie l’étude des processus de création en art. Faire pousser son matériau, pouvoir lui donner forme, être à l’écoute de ses besoins, en connaître les qualités et faiblesses, tous ces éléments créent une relation presque intime entre l’artiste et la matière. 

Trois grandes lignes se dégagent au sein de cet espace d’exposition : le mycélium, le SCOBY (Symbiotic Culture of Bacteria and Yest) et les cristaux. Trois phénomènes et trois installations qui relèvent d’un processus naturel et qui questionnent la matière, la temporalité, l’échelle et l’espace. 

Les visiteurs sont invités à découvrir de nouvelles formes et matières générées par le vivant à travers des ensembles d’objets, de textes, de vidéos et de photographies faisant appel aux sens visuel, tactile et olfactif. 

Mycélium a reçu le soutien de la DRAC et de la Région Centre-Val de Loire, le CBM (Centre Biophysique Moléculaire) et le CNRS Orléans.

Remerciements à l’équipe pédagogique, technique et administrative de l’ÉSAD Orléans et de l’unité de recherche ÉCOLAB (responsable : Ludovic Duhem), Laurence Laboutière (mycologue) et aux membres du CBM, ainsi qu’à Charlotte Bergami (scénographie), Erwan Roussel (graphisme) et Antoine Jenniches (montage).

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Chloé Jeanne est diplômée avec les félicitations du jury de l’EESAB Quimper en juin 2018.  Elle entreprend ensuite un post-diplôme au sein de l’Unité de Recherche ÉCOLAB, ce qui lui permet d’être accueillie au Centre Biophysique Moléculaire (CNRS Orléans) en tant qu’artiste invitée. Elle collabore également avec la mycologue Laurence Laboutière. L’exposition Mycélium – Poïétique des formes vivantes est l’aboutissement de cette année de recherche. 

Sa pratique s’oriente vers le vivant et biomatériaux. Ses œuvres puisent dans la recherche scientifique et le design. Elle propose des installations et des sculptures prises dans des environnements sensibles de grande intensité. Espace, objets, odeurs, organismes vivants forment le vocabulaire qu’elle déploie dans un récit qui joue avec les ambiguïtés de la perception. 

www.chloejeanne.net 

Crédits photos : Paul de Lanzac/ÉSAD Orléans

Portes ouvertes 2020

PORTES OUVERTES 2020
dans les murs
hors les murs
derrière les murs
entre les murs

VENDREDI 7 FÉVRIER
13H-20H
SAMEDI 8 FÉVRIER
10H-19H

ÉSAD Orléans
14, rue Dupanloup
108, rue de Bourgogne
45000 Orléans

Tram ligne B Arrêt Cathédrale
Parking Cathédrale

L’ÉSAD Orléans a le plaisir d’ouvrir ses portes le vendredi 7 février de 13h à 20h et le samedi 8 février de 10h à 19h.

PROGRAMME

Présentation de l’École par le directeur le vendredi à 17h et le samedi à 11h et 15h (auditorium)

Mon projet de diplôme en 3min chrono par les étudiants de 5e année le samedi à 16h (auditorium)

Exposition Mycélium, Poïétique des formes vivantes de Chloé Jeanne, étudiante-chercheuse en post-diplôme

Exposition des travaux des étudiant.e.s et de diplômé.e.s

Rencontre avec les étudiant.e.s, les enseignant.e.s et les diplômé.e.s

Découverte du labo numérique, des ateliers et de la bibliothèque

Information sur les admissions en première année et en cours de cursus, l’insertion professionnelle, les possibilités de mobilités à l’international et de stages

Retrouvez-y nos différentes formations :

  • Classe préparatoire aux métiers de la création
  • Diplômes de premier cycle/DNA et second cycle/DNSEP :
    option Design, mention Design visuel et graphique
    option Design, mention Design objet et espace
    + Parcours Design et Architecture avec l’ENSAPVS
  • Post-diplôme au sein de l’Unité de Recherche ÉCOLAB

Étudiants, enseignants et membres du personnel seront à votre disposition pour échanger pendant deux jours. Le bâtiment principal au 14 rue Dupanloup ainsi que les annexes au 108 rue de Bourgogne ouvriront leurs portes pour l’occasion.

Ce projet est porté par les étudiants de quatrième année : Antoine Buon, Laetitia Cuchet, Hugo du Roure, Éléonore Fines, Mégane Lazou et Lucie Sahuquet sous la direction de Sébastien Pons pour la scénographie et Nicolas Girard pour la conception graphique.

le bauhaus en héritage

DATE
Mardi 10 décembre à 17h30

LIEU
Hôtel Dupanloup
1 rue Dupanloup ; 45000 Orléans

ENTRÉE
Conférence prioritairement réservée aux étudiants de l’ÉSAD Orléans
Ouverte au public dans la limite des places disponibles.
Réservation conseillée en écrivant à communication@esad-orleans.fr avant le 6 décembre 2019.

le bauhaus en héritage
Projection co(mme)ntée par Jakob Gautel

Voici, à partir d’un héritage familial, un regard particulier sur le Bauhaus, cette école d’art, de design et d’architecture avant-garde, qui fête cette année son 100e anniversaire. Il s’agit non pas d’une énième présentation historique du Bauhaus, mais de l’expérience du Bauhaus tel qu’il a été vécu de l’intérieur, par deux de ses étudiants, à deux époques charnières différentes, et comment ces deux « Bauhäusler » ont essayé de faire perdurer et de défendre ses valeurs sous le régime nazi. Comme troisième point de vue s’ajoute celui du petit-fils, artiste lui-même, qui porte son regard sur cette histoire et tente d’établir un « dialogue artistique intergénérationnel posthume » :

Jakob Gautel, artiste plasticien né en 1965 à Karlsruhe, en Allemagne, vit et travaille à Paris et ailleurs. Il enseigne à l’ENSAPLV en arts plastiques, en licence et en master dans le domaine d’études Arts et scénographie, avec des cours théoriques et pratiques.

Depuis 2012, il travaille sur les traces de son héritage personnel du Bauhaus : sa grand-mère maternelle Corona Krause (1906-1948), tisserande, designer textile et styliste, et son grand-père paternel Hermann (Sven) Gautel (1905-1945), designer de lampes et de meubles, architecte intérieur, ont tous les deux étudié au Bauhaus, à Weimar et à Dessau. Des dossiers de travaux (cours de Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy etc.), des dessins, photos, meubles, textiles, vêtements et objets nous sont parvenus.

Mais que nous disent ces documents et objets ? Que pouvons-nous savoir sur quelqu’un qui n’est plus là, à travers de ce qu’il laisse derrière ? Et comment peut-on établir un contact avec le passé, à travers des objets, des documents et photos ?

Pour son projet de recherches, tentaculaire et forcément inachevé, entre enquête, recherches historiques et expérimentation artistique, Jakob Gautel a bénéficié de l’aide à la recherche artistique du CNAP en 2013-14 et d’une résidence d’artiste au Meisterhaus Muche, fondation Bauhaus Dessau, en été 2017.

Photos © Jakob Gautel/ADAGP 2019

Exposition bauhaus.photo

bauhaus.photo

A l’occasion du centenaire du Bauhaus, l’ÉSAD Orléans, en partenariat avec la Maison de l’Architecture Centre-Val de Loire et avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire, accueille bauhaus.photo, une exposition de photographies conçue par le Bauhaus-Archiv/Musée du design de Berlin présentant 100 oeuvres-clé sélectionnées parmi une collection mondiale de plus de 70.000 photographies du Bauhaus.

Vernissage le 28 novembre à 18h30 en présence de Madame Kristin Bartels, commissaire d’exposition au Bauhaus-Archiv Berlin
Exposition du 29 novembre au 19 décembre 2019*
Galerie de l’ÉSAD Orléans

A travers cinq thèmes de la vie à l’école du Bauhaus (fêtes et représentations, quotidien et loisirs, vie dans les ateliers), en montrant des portraits, des photographies d’architecture et de produits ainsi que les travaux issus du cours de photographie de Walter Peterhans, le visiteur découvre la richesse et la diversité artistique de la photographie telle qu’elle a été pratiquée au Bauhaus.

Les origines internationales des étudiants et du corps enseignant du Bauhaus ont contribué à l’émergence de tendances parallèles à l’avant-garde photographique contemporaine – du surréalisme à la Nouvelle Vision et la Nouvelle Objectivité en passant par le dadaïsme. Le domaine central « La vie au Bauhaus » met à l’honneur l’atmosphère animée de l’école. Que ce soit lors de fêtes fastueuses, de moments quotidiens de la vie en communauté ou du travail dans les ateliers du Bauhaus, une multitude de photographies capturent des moments uniques.

La section des portraits offre un panorama fascinant des différentes possibilités de se mettre en scène soi-même ou de créer des portraits permettant d’avoir un aperçu des différentes personnalités au Bauhaus.

Les photographies du bâtiment du Bauhaus et des maisons des maîtres à Dessau par Lucia Moholy ont eu un impact significatif sur le style de la photographie d’architecture jusqu’à nos jours.

Le domaine de la photographie de produit est devenu au Bauhaus un domaine d’activité majeur qui devait faire avancer la commercialisation des objets de design conçus dans les ateliers. Ces photographies parvenaient à créer une atmosphère qui élevait des objets du quotidien au rang d’oeuvres d’art.

Finalement, le département « Cours de photographie de Walter Peterhans » guide le regard sur les cours de photographie s’étant tenus entre 1929 et 1933 au Bauhaus, avec des oeuvres de l’enseignant mais aussi de ses étudiants, et se consacre ainsi à l’enseignement et à l’établissement du média à l’école.

On retrouve dans cette exposition aussi bien des classiques de Lucia Moholy, László Moholy-Nagy et T. Lux Feininger que des images de photographes moins renommés comme Kattina Both, Irene Bayer et Max Pfeiffer Watenpfuhl, ou encore quelques oeuvres ambitieuses d’artistes complètement inconnus.

À l’aide de diagonales dynamiques, de perspectives extrêmes et d’astuces techniques, leurs clichés illustrent l’approche expérimentale et professionnelle avec le médium photographie au Bauhaus. Les images transmettent une image de la vie dans l’une des plus importantes écoles d’art du XXe siècle qui fascine encore aujourd’hui.

 

Coordination et scénographie : Gunther Ludwig, Laurent Baude, Paul de Lanzac et les étudiants de l’ÉSAD Orléans.

*Entrée libre et gratuite du lundi au vendredi de 10h à 19h.

Dans le cadre de l’exposition, « le bauhaus en héritage » une projection co(mme)ntée par Jakob Gautel aura lieu le mardi 10 décembre à 17h30 à l’hôtel Dupanloup.

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Situé à Berlin, le Bauhaus-Archiv/Museum für Gestaltung étudie et fait connaître l’histoire du Bauhaus et son influence. Il possède la plus grande collection au monde sur l’histoire de cette école et sur tous les aspects de son activité. L’exposition bauhaus.photo bénéficie du soutien du ministère allemand des Affaires étrangères et de la Fédération des Maisons Franco-Allemandes.

Photo : Sitzende mit Bühnenmaske von Oskar Schlemmer im Stahlrohrsessel von Marcel Breuer, um 1926. Erich Consemüller, Bauhaus-Archiv Berlin / © Dr. Stephan Consemüller

Nuit des musées

Nuit des musées | Carte blanche à l’ÉSAD Orléans

Dans le cadre de la Nuit des musées, des étudiants de l’ÉSAD Orléans ont investi le Musée des Beaux-Arts le samedi 18 mai 2019.

De jeunes créateurs/artistes, futurs designers s’interrogent sur la place de la femme, le regard introspectif ou le corps mis à l’épreuve au travail. D’autres questionnent le pli dans le vêtement qui garde une trace de nous, cette maison qui nous habite ou encore ces mots qui chantent dans nos têtes.

Ces projets dialoguent, échangent, et s’inspirent de la collection du Musée des Beaux-Arts d’Orléans. Ils invitent à porter un autre regard sur les artistes qui les précèdent et à entrer en résonance avec notre actualité.

De la rue au musée, Pierre Allain, Lucie Bretonneau, Justine Boudot, Macha Dufour, Leslie Goriot, Cassandre Maret, Mathilde Morel, Daphné Paris, Lucie Sahuquet, Arielle Selvi et Magda Ziembowska scrutent nos gestes, nos mémoires et nos désirs. Ils nous montrent un peu demain.

Liste des projets

Lucie SAHUQUET inscrit au sol des cartels correspondant aux œuvres du musée. Le visiteur marche sur cette connaissance et repart avec une trace de celle-ci.

Justine BOUDOT & Magda ZIEMBOWSKA s’approprient des œuvres présentées au musée, par le dessin et l’écriture, et les replacent dans l’espace de la ville. La rue offre un nouveau contexte et une nouvelle lecture des œuvres exposées, et incite de nouveaux spectateurs à visiter le musée.

Macha DUFOUR réalise une performance mêlant vidéo et dessin. Elle replace les mouvements de sa performance plastique dans l’espace et le temps et porte un regard sur la mise à l’épreuve du corps par le travail, par sa fatigue et son épuisement dans la durée.

Mathilde MOREL réalise un dessin dans le blanc du papier pendant six heures. Des formes architecturales prennent place sous les traces noires du fusain.

Lucie BRETONNEAU questionne le regard porté au quotidien par l’artiste sur lui-même à travers une série d’autoportraits. Ces illustrations sont la représentation protocolaire d’un reflet perçu chaque jour dans une surface miroitante.

Pierre ALLAIN élève une sombre colonne constituée d’enveloppes transparentes empilées les unes sur les autres face à la toile d’Hantai. Chacune contient de la cendre de bois, un dessin et la graine d’une fleur : la Bignone Campsis-Radicans.

Leslie GORIOT questionne la résilience à travers une série de photographies mettant en scène le corps dans l’espace public et matérialisant ces sentiments invisibles, qui nous affectent tous en silence.

Cassandre MARET réalise une partition sonore et visuelle qui génère des mouvements et des déplacements emprunts du quotidien.

Daphné PARIS réalise un dispositif interactif mettant en jeu la lecture à haute voix. Lors de la lecture, une traduction visuelle s’affiche à l’écran par le biais d’une typographie qui réagit graphiquement à deux paramètres sonores : le volume et la fréquence de la voix.

Arielle SELVI réfléchit au pli comme une action qui porte la mémoire d’un geste quotidien, notamment au travers des différents tissus à usage unique présents dans nos vies.

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Coordinatrice du projet :
Réjane Lhote, artiste plasticienne, enseignante en dessin/arts plastiques du premier cycle à l’ÉSAD Orléans.

Conception graphique :
Justine Boudot et Magda Ziembowska

 

Art Camp

ART CAMP

Cours d’été 2019

DATES
du lundi 26 août au dimanche 8 septembre 2019

LIEU
ÉSAD Orléans (14, rue Dupanloup ; 45000 Orléans)
et Hôtel Dupanloup, un bâtiment du 17e siècle (meublé par le Studio Makking & Bey)

Art Camp est un programme intensif spécialement conçu pour les étudiants internationaux intégrant une école publique d’art en France. Il a été conçu par les écoles du réseau Grand-Ouest :
École européenne supérieure d’art de Bretagne – Brest, Lorient, Quimper, Rennes
École nationale supérieure d’art de Bourges
École supérieure d’art et design Le Havre-Rouen
École supérieure d’art et de design d’Orléans
École supérieure d’art et de design Tours, Angers, Le Mans
école supérieure d’art & médias de Caen/Cherbourg

Avant la rentrée, améliorez vos connaissances en français tout en développant votre créativité !

PROGRAMME
• Cours intensifs de français (3h par jour) avec des professeurs de l’Institut de Français de l’Université d’Orléans (label Qualité FLE) à l’Hôtel Dupanloup
• Workshop (3h par jour) animés par des enseignants artistes de l’ÉSAD Orléans
• Des visites culturelles en Région Centre‑Val de Loire (Centre d’Art Les Tanneries d’Amilly, Festival International des Jardins de Chaumont/Loire) et à Paris (Centre Pompidou)
• Deux semaines d’immersion dans une famille d’accueil française

Découvrez l’emploi du temps en détails ICI.

TARIF
Forfait tout compris de 600 euros comprenant les cours de français, les workshops, les visites culturelles, le logement en famille d’accueil et les repas.

INSCRIPTION
• Remplissez le formulaire d’inscription en ligne
• Envoyez un acompte de 320 euros à l’ÉSAD Orléans par virement bancaire, en précisant :
Domiciliation bancaire : Banque de France
Titulaire du compte : Trésorerie municipale Orléans Métropole
Objet du virement : ESAD23500 / ART CAMP / nom du participant
IBAN : FR61 3000 1006 15C4 5100 0000 056
BIC : BDFEFRPPCCT
• Envoyez votre preuve de paiement à l’adresse suivante : international@esad-orleans.fr
• Les 280 euros restants seront à payer directement à votre famille d’accueil

LES INSCRIPTIONS SONT CLOSES

CONTACT
ÉSAD Orléans
14 rue Dupanloup | 45000 Orléans
+33 (0)2 38 79 22 37
international@esad-orleans.fr

Crédits photos : Hôtel Dupanloup / FRAC Centre / Centre d’art Les Tanneries

International week #2

IW.2 – April 1 > 5

INTERNATIONAL DESIGNERS, ARTISTS, TEACHERS AND LECTURERS, PARTICIPATE TO THE INTERNATIONAL WEEK.2 OF ESAD ORLEANS !

For the first edition, for a week, our students experimented the “LIVING Ensemble” topic with 12 invited workshop leaders and conference speakers coming mainly from our partner schools. The second edition was about “DESIGN Ensemble” and took place from 1 to 5 April 2019.

What’s IW?
It’s an intensive week during which our bachelor students switch to English and experiment with one of our guests. To have a closer idea of what it’s like, have a look below at last year’s program  as well as final presentations of the workshop results:

We hosted 12 workshop leaders to work with our students during an intensive week:

Mr Magnus Feil from Arizona State University, Tempe, USA
Mr Štěpán Grygar from University of West Bohemia, Pilsen, CZ
Mr Lahav Halevy from Bezalel Academy of Art and Design, Jerusalem, Israel
Mr Vahram Mkhitaryan from Academy of Fine Arts, Gdańsk, Poland
Mr Lee Paxman-Clarke from De Montfort University, Leicester, UK
Ms Eliza Proszczuk from Academy of Fine Arts, Warsaw, Poland
Mr Manuel Sesma Prieto from Universidad Complutense de Madrid, Spain
Mr Karl Stocker and Ms Sigrid Bürstmayr from FH Joanneum, Graz, Austria
Mr Daniel Utz from HfG Schwäbisch Gmünd, Germany
Ms Maja Wolna from University of Fine Arts, Poznań, Poland

Groupe “DESIGN Ensemble”
Jacqueline FEBVRE – Director / ÉSAD Orléans
Panni Demeter, Andrée Furey, Maurice Huvelin, Réjane Lhote, Uli Mesenheimer, Marion Quintin, Samuel Roux

Some pictures of last year International week :

Centenaire du Bauhaus

À l’occasion du centenaire du Bauhaus, l’ÉSAD Orléans a reçu Pierre-Damien Huyghe le mercredi 6 mars 2019,  pour une conférence suivie d’un débat nourri par différentes interventions.

Pierre-Damien HUYGHE*, «entre économie et politique : bâtir»

Malgré une aventure courte et tourmentée (1919 à 1933 date de sa fermeture par les nazis), l’école du Bauhaus a marqué l’histoire de la création au XXe siècle. On sait combien le Bauhaus a été une institution créative. On sait aussi que son histoire a été jalonnée de débats et de discussions… Le pouvoir de l’époque ne pouvait sans doute pas supporter ce principe de tension incessante. Car sous une allure artistique, les questions touchaient en définitive aux valeurs du faire et du produire, et notamment à celles de la révolution d’alors dans l’industrie…

Des intervenants de notre territoire concernés par le sujet, nous ont fait le plaisir de prolonger le débat sur l’influence du Bauhaus :
Elke MITTMANN, «les suites du Bauhaus en France»
Sophie FÉTRO, « l’école d’Ulm HfG, une continuité contrariée avec le Bauhaus »
Jacqueline FEBVRE, « du Bauhaus aux écoles d’art et de design »

L’expérience de ce Bauhaus a marqué les enseignements artistiques d’une bonne partie du monde. Nos écoles supérieures d’art en ont souvent utilisé les méthodes, les ont critiquées ou ignorées tout autant.

Dans le cadre de ce centenaire, à l’heure de notre révolution du numérique, dans une société conflictuelle qui rebat les cartes du faire, du produire, du vivre ensemble, que reste-t-il de cette réflexion du Bauhaus ?

Les enseignants, Didier Laroque, Laurence Salmon, Gunther Ludwig et les étudiants de l’ÉSAD Orléans sont venus nourrir ces réflexions.

*Pierre-Damien HUYGHE, Professeur émérite à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, fondateur du master « Design et environnements » et du programme « Les formes de l’urbanité ». auteur de nombreux ouvrages dont, Art et industrie : philosophie du Bauhaus, philosophe,
Elke MITTMANN, Docteure en Histoire de l’art et de l’architecture, directrice de la Maison de l’architecture d’Orléans, Enseignante à l’ENSA de Paris-La Villette et l’ENSA de Versailles
Sophie FÉTRO, Maitre de Conférences en design et théorie du design, enseignante en Licence et Master Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, membre du Laboratoire ACTE EA 7539,
Jacqueline FEBVRE, Historienne du design, directrice de l’ÉSAD Orléans
Didier LAROQUE, Docteur en urbanisme, HDR, enseignant à l’ÉSAD Orléans
Laurence SALMON, Journaliste, spécialiste du design, enseignante à l’ÉSAD Orléans
Gunther LUDWIG, Historien du patrimoine, enseignant à l’ÉSAD Orléans

Crédits photos : ÉSAD Orléans/Paul de Lanzac

Portes ouvertes de l’ESAD Orléans 2019

PORTES OUVERTES

Les journées portes ouvertes de l’ESAD Orléans ont eu lieu les 1er et 2 février 2019.

Près de 1000 visiteurs ont répondu présents. Ils ont pu s’interroger sur les concepts de l’art et du design, apprécier les résultats des Grands Ateliers de Janvier, s’informer des spécificités de chaque filière, se renseigner sur nos activités à l’international, découvrir la variété des débouchés à l’issue de nos diplômes, et surtout, se laisser surprendre par l’imagination et la créativité de nos étudiants !

La preuve en image…

 

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Installation réalisée à partir du célèbre fauteuil Wassily par les étudiants de première année pour le centenaire du Bauhaus. Toutes les photos ici.

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L’École Supérieure d’Art et de Design/ ÉSAD Orléans est un Établissement Public (EPCC) dédié à l’enseignement supérieur artistique. Elle fait partie du réseau des écoles d’art publiques du ministère de la Culture. Elle propose deux filières (design visuel et graphique ; design objet et espace), des parcours spécifiques (notamment en architecture) et délivre des diplômes nationaux : DNA grade Licence (Bac +3, RNCP 2) et DNSEP grade MASTER (bac + 5, RNCP 1).

Comptant une cinquantaine de professeurs et assistants d’enseignements pour près de 300 étudiants, l’ÉSAD Orléans se distingue par sa spécificité design, au sein des enseignements supérieurs artistiques français.