Archives de catégorie : Conférences

le bauhaus en héritage

DATE
Mardi 10 décembre à 17h30

LIEU
Hôtel Dupanloup
1 rue Dupanloup ; 45000 Orléans

ENTRÉE
Conférence prioritairement réservée aux étudiants de l’ÉSAD Orléans
Ouverte au public dans la limite des places disponibles.
Réservation conseillée en écrivant à communication@esad-orleans.fr avant le 6 décembre 2019.

le bauhaus en héritage
Projection co(mme)ntée par Jakob Gautel

Voici, à partir d’un héritage familial, un regard particulier sur le Bauhaus, cette école d’art, de design et d’architecture avant-garde, qui fête cette année son 100e anniversaire. Il s’agit non pas d’une énième présentation historique du Bauhaus, mais de l’expérience du Bauhaus tel qu’il a été vécu de l’intérieur, par deux de ses étudiants, à deux époques charnières différentes, et comment ces deux « Bauhäusler » ont essayé de faire perdurer et de défendre ses valeurs sous le régime nazi. Comme troisième point de vue s’ajoute celui du petit-fils, artiste lui-même, qui porte son regard sur cette histoire et tente d’établir un « dialogue artistique intergénérationnel posthume » :

Jakob Gautel, artiste plasticien né en 1965 à Karlsruhe, en Allemagne, vit et travaille à Paris et ailleurs. Il enseigne à l’ENSAPLV en arts plastiques, en licence et en master dans le domaine d’études Arts et scénographie, avec des cours théoriques et pratiques.

Depuis 2012, il travaille sur les traces de son héritage personnel du Bauhaus : sa grand-mère maternelle Corona Krause (1906-1948), tisserande, designer textile et styliste, et son grand-père paternel Hermann (Sven) Gautel (1905-1945), designer de lampes et de meubles, architecte intérieur, ont tous les deux étudié au Bauhaus, à Weimar et à Dessau. Des dossiers de travaux (cours de Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy etc.), des dessins, photos, meubles, textiles, vêtements et objets nous sont parvenus.

Mais que nous disent ces documents et objets ? Que pouvons-nous savoir sur quelqu’un qui n’est plus là, à travers de ce qu’il laisse derrière ? Et comment peut-on établir un contact avec le passé, à travers des objets, des documents et photos ?

Pour son projet de recherches, tentaculaire et forcément inachevé, entre enquête, recherches historiques et expérimentation artistique, Jakob Gautel a bénéficié de l’aide à la recherche artistique du CNAP en 2013-14 et d’une résidence d’artiste au Meisterhaus Muche, fondation Bauhaus Dessau, en été 2017.

Photos © Jakob Gautel/ADAGP 2019

HISTOIRE ET THÉORIE DES ARTS

CYCLE DE CONFÉRENCES
HISTOIRE ET THÉORIE DES ARTS

ANNÉE 2019-2020
Coordination : Evelyne Paradis

MERCREDI 13 NOVEMBRE
L’écologie est-elle soluble dans l’art contemporain – et réciproquement ?
Morgan Labar, docteur en Histoire de l’art

L’écologie est-elle soluble dans l’art contemporain – et réciproquement ? Pour certains une réponse par l’affirmative va de soi. D’autres craindront un art « récupéré », instrumentalisé, asservi à des considérations « non artistiques ». Inversement, certains s’inquiéteront d’un dévoiement de la cause écologiste, et mettront le doigt sur la bonne conscience environnementaliste que s’achètent les pollueurs en finançant des projets d’artistes.
Cette conférence sera l’occasion d’explorer les zones de frictions entre histoire de l’art contemporain et écologie politique, et d’évoquer pistes et perspectives pour la création de demain. Pratiques artistiques dites  « éco-responsables », recyclage, actions spectaculaire artistico-militantes, ou encore actions restauratrices sur la nature : le spectre est large. On présentera notamment les nouvelles formes d’art participatif qui ont émergé depuis la fin des années 1980 ; pratique artistique et action environnementale y sont conjointes pour viser à l’émancipation sociale.

MERCREDI 20 NOVEMBRE
Pierre Guariche (1926/1995) : Du décorateur créateur d’ensemble au designer
Delphine Jacob, architecte DPLG

L’industrialisation de la construction des programmes de logements collectifs en 1947 entraîne pour les architectes l’adoption d’une méthode qui passe par la création de cellules types. Le décorateur-créateur d’ensembles Pierre Guariche s’inscrit dans ce contexte. Cette contribution va nous permettre de comprendre comment le mobilier standardisé de Pierre Guariche vise la production industrielle par le choix de la mise en œuvre de matériaux spécifiques. Nous nous baserons sur l’analyse de ses luminaires dont l’esthétique radicale allie la beauté, la fonctionnalité et la perfection technique et optique. Nous répondrons à ce sujet en nous intéressant aussi à son travail sur les meubles aux influences scandinaves conçus avec des dérivés du bois. Puis nous nous interrogerons sur l’impact, dans l’œuvre de Pierre Guariche, de l’arrivée des nouveaux matériaux venus d’outre-Atlantique, essentiellement les thermoplastiques et les fibres synthétiques déjà expérimentés par les designers américains. Nous aborderons à travers des comparaisons le design scandinave (Aalto), US (Eames…), italien (Sarfatti)…

MERCREDI 27 NOVEMBRE
Une histoire différente de la contribution des femmes aux arts : le cas de l’Egypte moderne
Nadine Atallah, historienne de l’art

Depuis plusieurs décennies, en particulier aux États-Unis et en Europe, d’importants travaux sont menés pour étudier la place des femmes dans l’art, montrer leurs œuvres et les intégrer dans les collections des musées, notamment à la suite des réflexions pionnières de l’historienne de l’art féministe américaine Linda Nochlin. Celle-ci posait en 1971 une question importante : « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grandes artistes femmes ? », afin de mettre en lumière les facteurs sociaux et institutionnels qui limitent sinon empêchent la réussite et la visibilité des femmes dans le domaine artistique. Or, suggérant que les arguments de Nochlin n’ont rien d’universel, la peintresse égyptienne Nazli Madkour lui répondit en 1993 : « C’est un fait que nous, en Égypte, avons eu une histoire différente de la contribution des femmes aux arts, qui n’a pas encore été racontée. Bien que notre histoire nous ait accablées par des comportements similaires – sinon plus rigides – des circonstances particulières ont permis la reconnaissance de la contribution de la femme moderne à ce champ » . En effet, contrairement à la majorité des pays du monde, en Egypte les femmes ont pris part à la création artistique dès le début du XXe siècle, et y sont reconnues comme des actrices importantes des mouvements de l’art moderne. En prenant pour point de départ l’opposition de Madkour à Nochlin, cette conférence présente des éléments de compréhension de la place des femmes dans l’art moderne égyptien, et offre des points de comparaison avec l’histoire occidentale. Il s’agit notamment de présenter la chronologie de la modernité en Egypte, qui diffère de la chronologie euro-américaine, et d’identifier le profil de ces femmes artistes tout en situant leur travail et son évolution en relation avec l’histoire politique et culturelle de l’Egypte. Le propos s’appuie sur l’observation et l’analyse d’œuvres choisies, rarement montrées en France.

MERCREDI 4 DÉCEMBRE
Interventions contemporaines dans les musées historiques
Clara Mosquera, architecte et enseignante-chercheuse, Département d’Histoire, Théorie et Composition Architectoniques, Université de Séville

Le Centre Pompidou et le Guggenheim Bilbao, séparés par vingt ans (1977 et 1997), ont marqué des points d’inflexion dans l’architecture des musées à l’échelle globale.  À la suite de la crise financière de 2008, il est devenu clair que les méga-musées, les musées nés dans cet environnement post-Bilbao et les satellites des grandes institutions n’incarnent plus forcément des modèles à succès. En revanche, une certaine humilité et un retour à l’essentiel sont aujourd’hui devenus prédominants dans les projets nés dans cette nouvelle aube créative muséale. Un renouveau qui redonne à la création architecturale une place prépondérante. D’ici à nos jours, l’architecture des musées a commencé à incorporer dans les interventions muséales d’autres valeurs, comme des références au contexte (urbain, historique, social), des références à la collection et un rapport croissant avec la ville. 

Les rapports tendus entre architecture contemporaine et patrimoine ont connu une effervescence due au contexte des expansions muséales en tant qu’architectures historiques et emblématiques. Il s’agira dans cette conférence de mettre en évidence les différentes solutions et stratégies d’intervention architecturale dans les musées historiques et d’interroger leur rôle dans la mise en œuvre d’une politique de rénovation patrimoniale de l’échelle institutionnelle à l’échelle urbaine. À travers d’une série de cas d’étude, nous interrogerons l’enjeu de la contemporanéité au service des institutions muséales.

MERCREDI 18 DÉCEMBRE
L’architecture du mystère : la structure de l’invisible et du vide du symboliste Degouve de Nuncques aux surréalistes Giorgio de Chirico, Max Ernst et René Magritte
Marine Nedelec, Historienne d’art

Cette conférence partira du pastel Nocturne au Parc royal de Bruxelles, réalisé en 1897 par William Degouve de Nuncques. Elle montrera comment cet artiste symboliste a structuré son œuvre autour d’un vide, d’un invisible qu’il rend palpables à travers le genre du nocturne. Puis, elle observera comment cette structure de l’absence se retrouve quelques décennies plus tard dans les œuvres surréalistes de Giorgio de Chirico, Max Ernst et René Magritte. À travers l’analyse iconographique et la notion de vide, cette conférence sera l’occasion d’aborder deux mouvements de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle : le symbolisme et le surréalisme.

MERCREDI 8 JANVIER
L’histoire de l’art à l’épreuve de la transdisciplinarité
Juliette Milbach, PhD en histoire de l’art

Cette conférence donnera les grandes lignes des problématiques soulevées par l’histoire de l’art au prisme de la transdisciplinarité. Quelles porosités pour l’histoire, la sociologie et l’histoire de l’art ? Quelles ont été les positions des grands historiens de l’art du XXe siècle (Wölfflin, Focillon, Warburg, Panofsky, Gombrich etc.)? Cela permettra aussi de comprendre les enjeux contemporains posés à la discipline (Genre, Art contemporain, Enseignement de l’art, Académie et académisme…) et donnera à voir l’histoire des idées à travers un vecteur et des penseurs moins connus que d’autres.

MERCREDI 12 FÉVRIER
Sociologie(s) de l’art : histoire, objets, méthodes
Umut Ungan, docteur en histoire et théories des arts 

Nous avons souvent tendance à oublier que, longtemps, l’art et les œuvres ont exclusivement relevé du domaine esthétique et de l’histoire de l’art. Cette conférence propose un court panorama historique et synthétique de la manière dont les sciences sociales se sont progressivement emparées de l’objet artistique au 20ème siècle : une période qui marque l’ouverture du champ artistique à des considérations externes (économique, sociale, politique etc.) et qui va jusqu’à l’autonomisation de certaines problématiques qui constituent aujourd’hui la base théorique d’une discipline à part entière, à savoir la sociologie de l’art.

MERCREDI 26 FÉVRIER 
Tout contre
Camille Paulhan, critique d’art

Certaines « attitudes » d’artistes semblent s’opposer à certaines attentes que nous avons parfois à propos des œuvres : qu’elles soient lisibles, visibles, qu’elles soient énergiques, qu’elles nous saisissent par leur force visuelle, par leurs matériaux nobles, par leurs prouesses techniques, qu’elles s’inscrivent dans une histoire de l’art durable. Il sera dans cette conférence question d’artistes qui ont voulu que leurs œuvres soient précaires, modestes, non-reproductibles, introverties, capables de s’épuiser jusqu’à un presque rien. Une histoire qui rassemble des boules et des sucres taillés par Christian Boltanski, les concrétions textiles d’Hessie, des chewing-gums mâchés par Alina Szapocznikow, des tableaux en coton de Piero Manzoni ou les encoconnages de laine de Judith Scott.

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Les conférences ont lieu de 14h à 15h30 à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans sauf mention contraire.
Elles sont destinées prioritairement aux étudiants de l’ÉSAD Orléans.
Dans la limite des places disponibles, elles sont ouvertes au grand public avec le pass musées (15€/an) disponible au Musée des Beaux-Arts.

ARTISTES ET CRÉATEURS INVITÉS

CYCLE DE CONFÉRENCES
ARTISTES ET DESIGNERS INVITÉS

PROGRAMME 2019-2020
Coordination : Gunther Ludwig et Sophie Monville

DESIGN ET ÉCOLOGIE : ENTRE CONVICTIONS ET REPRÉSENTATIONS
Philippe Riehling, designer

« La particularité du design est qu’il n’existe pas de définition unique et définitive, puisqu’il se réinvente à chaque époque, en suivant les évolutions, les cultures et les apports des designers du monde entier. » Alliance française des Designers.
Ce que l’on pense être une démarche éthique et vertueuse à une période donnée peut changer. L’observation du monde, les expériences de vie, les rencontres et itérations avec d’autres profils influent sur notre approche du design. Cette évolution sera illustrée par le designer et abordera des questionnements actuels au travers de sa pratique et de son activité d’enseignant :

  • Les méthodes d’éco-conception, oui mais au service de quelles finalités ?
  • Quelles applications conservent du sens dans le monde qui vient ?
  • Une permanence de la séduction pour la Forme oriente-t-elle les pratiques vers certaines catégories d’objet au détriment d’autres ?
  • Quelles représentations et influences ont les réseaux sociaux sur les pratiques des designers ?
  • Quelles seraient les limites au métier de designer ? A partir de quand une pratique qui se détache de l’objet et d’une matérialité sort-elle du champ du design. Quid d’une approche holistique faite d’observation, de méthode, … à la façon du designer tel que l’entend la permaculture ?

Philippe Riehling pratique un design qui croise, au fil de ses projets respectueux de l’environnement, relecture de savoir-faire, circuits courts et lien social. Depuis plus de dix ans, il collabore avec des industriels, des artisans, des PME et des institutions publiques pour créer et développer des solutions aussi diverses que des objets, produits industriels, équipements urbains, scénographies itinérantes, dispositifs de médiation. Son activité se décline aujourd’hui également sous la forme d’un accompagnement stratégique au développement de projets, de l’organisation de concours de design ou encore de propositions s’appuyant sur des expertises naturalistes venant compléter la palette de services proposés.

PAPIER CODÉ, ÉCRAN TOILÉ
E+K, Élise GAY et Kévin DONNOT, designers, print et digital media

Élise Gay et Kévin Donnot sont associés au sein d’un atelier de design graphique spécialisé dans les projets éditoriaux, imprimés et/ou numériques. La structure, créée en 2011, travaille principalement avec les milieux culturels et institutionnels (musées, centres d’art, artistes, maisons d’édition, etc.) et œuvre aussi bien sur papier que sur écran, questionnant le passage d’un média à l’autre. Cette perméabilité, associée à la pratique de la programmation, incite à penser l’imprimé de manière dynamique et à envisager les supports interactifs avec une attention particulière pour la typographie. Ils ont co-fondé Back Office, une revue de recherche interrogeant les relations qu’entretiennent design graphique et pratiques numériques et publiée en coédition avec les éditions B42. Kévin Donnot enseigne par ailleurs le design graphique à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne — site de Rennes depuis 2013 et est associé à plusieurs projets de recherches en cours. Ensemble, ils animent régulièrement des workshops dans différentes écoles en France et à l’étranger.

PASSAGE À L’ACTE
Collectif Tendance Floue, Mat Jacob, photographie et édition

Mat Jacob présentera Tendance Floue, le collectif de photographes qu’il a co-fondé en 1991 pour défendre une nouvelle conception de l’agence photographique. À travers des extraits de films, des livres et des revues produits par Tendance Floue, la conférence s’intéressera aux moments forts de l’histoire du collectif. Parmi ceux-ci, la trilogie des Nous (1999 – 2006), les Mad in (2006 – 2015), Nationale Zéro (2003) et Azimut (2017 – 2018) viendront affirmer une démarche interrogative sur le monde et sur les pratiques de la photographie contemporaine. « Utopique, transgressive, Tendance Floue oppose à la standardisation croissante des pratiques de diffusion et de médiatisation du photoreportage une forme de résistance généreuse, et invente, au fil des défis, une nouvelle manière de « vivre la photographie ». » (Benoît Rivero)

« Être en collectif, est-ce tout partager ? Est-ce se réunir jusqu’à se mettre d’accord à l’unanimité ? Est-ce prêcher une utopie ? Apprendre à sauver sa peau dans la meute ? Se déculpabiliser d’être individualiste ? Est-ce se mettre à l’abri des incertitudes de la profession ? Est-ce exister ? » Mat Jacob affirme une « grammaire de l’image plurielle », fruit de multiples voyages, d’un besoin de se frotter au réel et de rester libre. Sa série Chiapas, Mexique s’inscrit au cœur d’un travail documentaire et humaniste, mené durant vingt ans et a fait l’objet d’un livre dans la collection Photo Poche. Depuis dix ans, il expérimente les narrations multimédias pour le théâtre et le Web, où le documentaire coexiste avec la poésie et la fiction. En 2017, il crée Zone i, un espace culturel consacré à l’image et à l’environnement en Région Centre, sur les bords du Loir.

DE CE AVEC QUOI ON N’EST PAS CENSÉ JOUER 
Brice Roy, game design, expériences interactives

Avant de concevoir un jeu vidéo, remettre en jeu l’idée que l’on se fait du jeu vidéo. Ce qui implique de commencer par remettre en question ce que l’on considère d’emblée comme n’en faisant pas partie. Voilà l’objet de cette intervention : parler de ce avec quoi, dans un jeu vidéo, on n’est pas censé jouer. En premier chef desquels les supports techniques : manettes, écran, données, espace tangible. L’intervention sera conclue d’une présentation du dispositif vidéoludique Jeux invertis

Brice Roy est artiste numérique. Co-fondateur du collectif One Life Remains, il explore les propriétés du medium vidéoludique depuis 2009. La relation joueur / spectateur, le thème du contrôle et la question de la sauvegarde de jeu figurent parmi ses axes de recherche privilégiés. Plus généralement, c’est du rapport entre jeu et numérique dont il est question : du numérique comme technologie de la remise en jeu et du jeu comme mode de rapport insigne à la technique. Ses créations prennent la forme de programmes informatiques, de dispositifs ou d’installations interactives. Son travail est présenté en France et à l’étranger.

Crédit image : Jeux invertis, Brice Roy (collectif One Life Remains), dispositif vidéoludique, 2019

QUI VEUT PRENDRE LA PAROLE ?
Olivier Vadrot, architecte/designer

Dans la tradition ancienne, le héraut demande “Qui veut prendre la parole?“ Il est d’usage de penser que la démocratie est apparue soudainement à Athènes, comme tombée du ciel. Pourtant les pratiques d’assemblée ne sont pas limitées à l’Occident, on les retrouve en Éthiopie ou en Côte d’Ivoire, dans le Japon médiéval ou en Syrie au temps du royaume de Mari.

Olivier Vadrot mène actuellement une recherche sur l’apparition des formes architecturales liées aux pratiques d’assemblées, et plus particulièrement aux édifices grecs dédiés au théâtre, qui en sont tout à la fois l’origine et la synthèse. Cette forme tronconique, avec des assises en gradin sur un plan rayonnant, appelée koïlon en grec, cavea en latin, cette forme se retrouve aujourd’hui dans les espaces du spectacle, mais aussi dans ceux de la représentation politique (on emploie alors le terme d’ “hémicycle“), dans les édifices du sport, dans l’architecture des jardins, ou dans les universités (le terme utilisé devient “amphithéâtre“). Parfaitement synthétisée sur le site d’Épidaure, cette forme est pourtant le résultat d’un lent cheminement depuis les marches du temple de Cnossos en Crête jusqu’aux gigantesques stades de notre époque. Cette conférence donnera à voir un état des lieux de la recherche en cours, mais aussi des différents projets conçus précédemment par son auteur, tels que Le kiosque électronique, Circo Minimo ou plus récemment Cavea.

INERTE OU VIVANT ? FICTION OU RÉALITÉ ?
Arthur-Donald Bouillé, designer industriel

Morceaux de chairs mortes hybridées et ramenées à la vie, nano-robots auto-répliquant ou porc-épic transgénique semeur de graines. Matières actives, matière à fiction est une recherche et une expérimentation autour des mythes et des expériences scientifiques d’hier et de demain. Entre bactéries reprogrammées et éléments inertes animés, ces formes de matérialité ne remettent-elles pas en question la perception et la considération du Vivant ? N’amènent-elles pas d’ailleurs à reformuler le rôle du designer et à renouveler ses imaginaires ?  De la fiction à la réalité, la présentation de ce travail de recherche mené pendant mon cursus à l’ENSCI-Les Ateliers en 2018 sera l’occasion d’aborder le développement du purificateur d’air intérieur Æther réalisé dans le cadre de la compétition internationale de machines génétiquement modifiées (iGEM) du MIT de Boston.

Diplômé d’un bachelor de design industriel à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Visuel de La Cambre à Bruxelles, Arthur-Donald Bouillé est étudiant en phase diplôme à l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI-Les Ateliers).  Ses expériences dans des agences de création industrielle telles que Normal Studio ou Big Bang Project, ainsi que sa participation à des projets articulés autour de la matière active ont façonné son intérêt pour une approche de création située entre science et design afin d’interroger notre rapport aux objets vivants.

THÈME ET VARIATIONS. SYSTÈMES DE JEU EN DESIGN GRAPHIQUE
Sophie Cure, graphiste

Designer graphique, diplômée de l’ENSAAMA-Olivier de Serres, Sophie Cure s’intéresse aux frontières poreuses entre lecture et musique, typographie et notation musicale. Elle joue à décaler ces curseurs, questionne les mécanismes de déchiffrage et d’interprétation, la musicalité de l’écriture et la sensorialité de la lecture. Son projet de recherche Les Chants lexicaux explore des manières de faire sonner et résonner les livres entre eux. Protocoles de lecture et dispositifs graphiques permettent de créer des rencontres entre les livres : carambolages, dialogues de sourds, dissonances ou accords parfaits. Il s’agit de jouer avec les accentuations et le rythme du phrasé, les sonorités des mots, susciter des tonalités de lecture augmentée en empruntant des formes propres au répertoire musical : comment lire staccato, en polyphonie avec un ostinato ? Comment faire les gammes d’un livre ? Quel impact la typographie a-t-elle sur la lecture à voix haute ? Finalement, le texte porte-t-il déjà en lui des frémissements de partition ? Au printemps 2018, dans le cadre de cette recherche, elle présente la Sonate pour trois lecteurs, performance pour faire sonner et dissoner les livres de la librairie Petite Egypte. La partition graphique a été interprétée par des comédiens du Collectif bim.

Sensible aux pédagogies alternatives, inspirée par le travail de Froebel ou de Bruno Munari, elle articule un pan important de son travail autour de la conception de jeux pédagogiques. En 2011, elle a conçu des jeux typographiques pour stimuler l’apprentissage et le plaisir de lire chez les personnes dyslexiques, salués par un prix de la Fondation de France en 2012. En 2015, est publié Le livret d’initiation au graphisme, qu’elle a co-conçu et co-écrit avec Aurélien Farina. Cet ouvrage vient de paraître en anglais en 2019 sous le titre Graphic Design Play Book. Depuis 2015, elle intervient en tant qu’enseignante dans plusieurs écoles (Parsons School Paris, L’École des Beaux-Arts d’Angers) et anime régulièrement des workshops (Isdat Toulouse, KABK La Haye, ÉSAD Orléans…).
Elle travaille également dans les champs de l’identité visuelle, de l’édition, de la direction artistique et collabore avec des institutions publiques, des artistes et diverses structures, comme Le Signe, Centre National du Graphisme, Les Éditions Actes Sud, le Ministère de la Culture, le Centre Pompidou, le Muséum national d’histoire naturelle, la revue Télérama… 
Pour chaque projet, elle chercher à établir des règles de jeu, met en place un système graphique qu’elle joue à déployer sur différents supports. Elle attache de l’importance à créer des objets et des formes polysémiques qui stimulent l’imaginaire, des formes ouvertes qui laissent une brèche au lecteur, l’invite à l’interprétation et à la contemplation.

Attention ! Changement de lieu : auditorium de la Médiathèque d’Orléans

LE BAUHAUS EN HÉRITAGE
Jakob Gautel, artiste plasticien

Voici, à partir d’un héritage familial, un regard particulier sur le Bauhaus, cette école d’art, de design et d’architecture avant-garde, qui fête cette année son 100e anniversaire. Il s’agit non pas d’une énième présentation historique du Bauhaus, mais de l’expérience du Bauhaus tel qu’il a été vécu de l’intérieur, par deux de ses étudiants, à deux époques charnières différentes, et comment ces deux « Bauhäusler » ont essayé de faire perdurer et de défendre ses valeurs sous le régime nazi. Comme troisième point de vue s’ajoute celui du petit-fils, artiste lui-même, qui porte son regard sur cette histoire et tente d’établir un « dialogue artistique intergénérationnel posthume » :

Jakob Gautel, artiste plasticien né en 1965 à Karlsruhe, en Allemagne, vit et travaille à Paris et ailleurs. Il enseigne à l’ENSAPLV en arts plastiques, en licence et en master dans le domaine d’études Arts et scénographie, avec des cours théoriques et pratiques. Depuis 2012, il travaille sur les traces de son héritage personnel du Bauhaus : sa grand-mère maternelle Corona Krause (1906-1948), tisserande, designer textile et styliste, et son grand-père paternel Hermann (Sven) Gautel (1905-1945), designer de lampes et de meubles, architecte intérieur, ont tous les deux étudié au Bauhaus, à Weimar et à Dessau. Des dossiers de travaux (cours de Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy etc.), des dessins, photos, meubles, textiles, vêtements et objets nous sont parvenus.

Mais que nous disent ces documents et objets ? Que pouvons-nous savoir sur quelqu’un qui n’est plus là, à travers de ce qu’il laisse derrière ? Et comment peut-on établir un contact avec le passé, à travers des objets, des documents et photos ? Pour son projet de recherches, tentaculaire et forcément inachevé, entre enquête, recherches historiques et expérimentation artistique, Jakob Gautel a bénéficié de l’aide à la recherche artistique du CNAP en 2013-14 et d’une résidence d’artiste au Meisterhaus Muche, fondation Bauhaus Dessau, en été 2017.

Attention ! Changement d’horaire et de lieu : Salle des thèses de l’Hôtel Dupanloup à 17h30

LE DESSIN, OUTIL DE CRÉATION
Jérôme Zonder, artiste

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Les conférences ont lieu de 16h à 17h30 à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans sauf mention contraire.
Elles sont destinées prioritairement aux étudiants de l’ÉSAD Orléans.
Dans la limite des places disponibles, elles sont ouvertes au grand public avec le pass musées (15€/an) disponible au Musée des Beaux-Arts.

Centenaire du Bauhaus

À l’occasion du centenaire du Bauhaus, l’ÉSAD Orléans a reçu Pierre-Damien Huyghe le mercredi 6 mars 2019,  pour une conférence suivie d’un débat nourri par différentes interventions.

Pierre-Damien HUYGHE*, «entre économie et politique : bâtir»

Malgré une aventure courte et tourmentée (1919 à 1933 date de sa fermeture par les nazis), l’école du Bauhaus a marqué l’histoire de la création au XXe siècle. On sait combien le Bauhaus a été une institution créative. On sait aussi que son histoire a été jalonnée de débats et de discussions… Le pouvoir de l’époque ne pouvait sans doute pas supporter ce principe de tension incessante. Car sous une allure artistique, les questions touchaient en définitive aux valeurs du faire et du produire, et notamment à celles de la révolution d’alors dans l’industrie…

Des intervenants de notre territoire concernés par le sujet, nous ont fait le plaisir de prolonger le débat sur l’influence du Bauhaus :
Elke MITTMANN, «les suites du Bauhaus en France»
Sophie FÉTRO, « l’école d’Ulm HfG, une continuité contrariée avec le Bauhaus »
Jacqueline FEBVRE, « du Bauhaus aux écoles d’art et de design »

L’expérience de ce Bauhaus a marqué les enseignements artistiques d’une bonne partie du monde. Nos écoles supérieures d’art en ont souvent utilisé les méthodes, les ont critiquées ou ignorées tout autant.

Dans le cadre de ce centenaire, à l’heure de notre révolution du numérique, dans une société conflictuelle qui rebat les cartes du faire, du produire, du vivre ensemble, que reste-t-il de cette réflexion du Bauhaus ?

Les enseignants, Didier Laroque, Laurence Salmon, Gunther Ludwig et les étudiants de l’ÉSAD Orléans sont venus nourrir ces réflexions.

*Pierre-Damien HUYGHE, Professeur émérite à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, fondateur du master « Design et environnements » et du programme « Les formes de l’urbanité ». auteur de nombreux ouvrages dont, Art et industrie : philosophie du Bauhaus, philosophe,
Elke MITTMANN, Docteure en Histoire de l’art et de l’architecture, directrice de la Maison de l’architecture d’Orléans, Enseignante à l’ENSA de Paris-La Villette et l’ENSA de Versailles
Sophie FÉTRO, Maitre de Conférences en design et théorie du design, enseignante en Licence et Master Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, membre du Laboratoire ACTE EA 7539,
Jacqueline FEBVRE, Historienne du design, directrice de l’ÉSAD Orléans
Didier LAROQUE, Docteur en urbanisme, HDR, enseignant à l’ÉSAD Orléans
Laurence SALMON, Journaliste, spécialiste du design, enseignante à l’ÉSAD Orléans
Gunther LUDWIG, Historien du patrimoine, enseignant à l’ÉSAD Orléans

Crédits photos : ÉSAD Orléans/Paul de Lanzac

Conférences

Agenda
  • 17/10/2018
    Paul Emilien
  • 24/10/2018
    Raphaël Pluvinage
  • 07/11/2018
    Abderzak Houmi
  • 14/11/2018
    Pierre Maite
  • 21/11/2018
    Raphaël Bastide
  • 05/12/2018
    Albertine Meunier
  • 19/12/2018
    Eva Jospin
  • 09/01/2019
    Pierre Charrié

CYCLE DE CONFÉRENCES
ARTISTES ET CRÉATEURS INVITÉS

ANNÉE 2018-2019
Coordination : Gunther Ludwig et Sophie Monville

05/12/2018 – ALBERTINE MEUNIER

Dans le cadre de son cycle de conférences « Artistes et créateurs invités », l’ÉSAD Orléans reçoit à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans Albertine meunier, artiste :
« Quand la data va, tout va ! »

« Albertine Meunier pratique l’art dit numérique depuis 1998 et utilise tout particulièrement Internet comme matériau. Elle se définit elle-même comme une net artiste, artiste pas nette. Cette expression bien que légèrement désuète – un net artiste étant tout simplement un artiste de son temps – contribue à lui conférer un visage humain, bien loin de la froideur des machines numériques. »

Ses travaux questionnent de manière critique et ludique les grands acteurs d’Internet tels que Google, Twitter ou Facebook et le nouveau monde qui nous entoure, rempli de transistors et microprocesseurs, vivant à la vitesse de la lumière des réseaux. Ce monde que l’artiste connaît bien est devenu son matériau de création et d’exploration. Elle tente dans ses recherches et dans les pièces qui en découlent de révéler l’invisible ou la poésie des choses numériques tout en interrogeant l’espace et le temps. L’espace comme lieu à la fois physique et numérique, à la fois ici et là ; le temps comme déroulé d’une vie et enfin l’espace et le temps comme lieu de mémoire.

Ingénieur de formation et diplômée de l’ENSCI, ses multiples compétences l’amènent à explorer une esthétique du numérique et des réseaux dans laquelle elle cultive les formes simples, minimales, semblant parfois «bricolées», et reste volontairement loin de l’hyper-technicité de certains dispositifs numériques.

Son désir de donner forme à l’invisible et à l’imperceptibilité de ces réseaux, notamment à  travers l’accumulation infinie des données numériques, amène un nouveau regard où la technique et la poésie entretiennent des rapports insoupçonnés.

http://www.albertinemeunier.net/

CRÉDIT PHOTO :
Casino Las datas – Installation
© Albertine meunier, 2017

21/11/2018 – RAPHAEL BASTIDE
Dans le cadre de son cycle de conférences « Artistes et créateurs invités », l’ÉSAD Orléans reçoit à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans Raphaël Bastide, artiste et designer :
Floating Swarm, systèmes et appareils

À travers la présentation de projets d’art en ligne, d’expositions, d’ateliers et d’outils numériques, cette présentation abordera des questions soulevées par une pratique singulière et multidisciplinaire. Les productions de Raphaël Bastide oscillantes entre art et design, collectives ou personnelles, de commande ou auto-initiées, seront parcourues à travers les thématiques de sa pratique. Parmi celles-ci : l’économie de création, les systèmes de publication, les choix des outils, les décisions éthiques et une approche critique de la technologie.
Le travail de Raphaël Bastide s’oriente principalement vers les programmes informatiques et la culture numérique qui les entoure. Utilisateur actif et faiseur de programmes libres et open source, il interroge les systèmes inhérents à cette idéologie sous la forme
d’installations, de logiciels, d’art en ligne, d’ateliers ou de performances.

Raphaël Bastide est professeur à l’école Parsons Parir, professeur invité à HfG Karlsruhe, initiateur de nombreux workshops et à l’origine du groupe de recherches PrePostPrint sur l’édition alternative, ainsi que membre actif de la fonderie typographique Velvetyne Type Foundry.

http://raphaelbastide.com

Accès gratuit dans la limite des places disponibles. Priorité sera donnée aux étudiants de l’ÉSAD Orléans.
Retrouvez tout le programme des conférences sur https://www.esad-orleans.fr/conferences/


CRÉDIT PHOTO :
Renaming The Web
© Raphaël Bastide, 2018

14/11/2018 – PIERRE MAITE

Dans le cadre de son cycle de conférences « Artistes et créateurs invités », l’ÉSAD Orléans reçoit à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans Pierre Maite :
Quand les images prennent position*.
Pratiques collectives, participatives et émancipatrices de la communication visuelle.

Qu’il s’agisse de campagnes électorales ou de récoltes de fonds d’ONG, la communication visuelle dans le champ politique et social reproduit le plus souvent les stratégies issues du
marketing et de la publicité. Les acteurs de politiques alternatives ont, eux aussi, tendance à réduire leur communication à de la propagande. Pourtant, afin de développer des alternatives sociales nous avons besoin de remettre en question les formes de représentation classiques, de développer des alternatives iconographiques et de créer de
nouvelles pratiques de production et de diffusion des images.

Ça ira! est un atelier de graphisme berlinois qui développe des outils de communication
dans le cadre de projets politiques, sociaux, culturels et éducatifs. La pratique collective
et participative de l’atelier vise plus à la création d’espaces d’interaction et de dialogue
qu’à l’ornementation des discours.

Pierre Maite est un ancien étudiant de l’ÉSAD (à l’époque encore IAV) diplômé en 2003.
Après huit années au sein du collectif image-shift, il crée Ça ira! une plate-forme participative de production d’outils de communication visuelle. Aujourd’hui avec son
troisième collectif Zoff il développe des outils numériques participant à la démocratisation de la démocratie.

* Le titre de cette conférence fait référence à l’ouvrage de Georges Didi Hubermann paru en 2009.

www.caira.info

© Pierre Maite

07/11/2018 – ABDERZAK HOUMI

Dans le cadre de son cycle de conférences « Artistes et créateurs invités », l’ÉSAD Orléans reçoit à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans Abderzak Houmi :
« Rencontre avec un chorégraphe – Mettre sa danse au service d’un propos »

Sa rencontre avec la danse s’est faite par l’esthétique hip-hop. Son expérience artistique s’est nourrie d’une pratique de danseur et de chorégraphe. Loin des codifications et des limites, il y a trouvé un point de départ et une énergie vers un espace de liberté ; les contraintes ont créé une envie bien réelle de développer le mouvement à partir de ces bases.

Pluridisciplinaires, ses créations ont engagé un dialogue artistique avec différentes esthétiques, entre autres avec la musique baroque, ouvrant une stimulante perspective pour la pratique autant que pour l’histoire de la danse. Ces frottements ont donné naissance à une danse singulière. Ces quinze années de créations ont été autant de temps passé à étudier, à comprendre, à préciser son approche du mouvement et de la danse. Abderzak Houmi appartient à cette génération d’artistes qui dit autrement la danse hip hop : sa contemporanéité, son ancrage vivant dans le temps présent, son actualité manifeste.
Aujourd’hui, la question topographique et chorégraphique du « sol » l’amène à travailler un nouveau sol (rigide, mou, absorbant, rebondissant) et lui permet de réinventer constamment la danse, nos musicalités, nos manières de nous accorder. Sans doute chaque artiste conçoit-il son ouvrage comme un laboratoire, au croisement d’enjeux artistiques, techniques et scientifiques : il a en effet pour objectif d’explorer et de creuser durablement ce qui définit la spécificité d’une gestuelle, d’une écriture incarnée dans son rapport à un sol, réflexion tout autant artistique et symbolique, physique et politique.

Également coordinateur et conseiller artistique des Rencontres de danses urbaines depuis 2010, Abderzak Houmi a à cœur de mettre en oeuvre des projets qui génèrent des synergies stimulantes entre partenaires, territoires et publics.
Des plateaux de théâtres aux maisons de la jeunesse et de la culture, des musées aux usines ou aux gymnases, il porte la danse en chaque endroit qu’il lui est possible d’atteindre. Poursuivant un travail de sensibilisation depuis ses origines, sa démarche place l’expérimentation au cœur de ses engagements, de sa pensée créatrice, de ses réalisations.

Quelques dates et jalons :
– 2017, « Parallèles », 1 heure, 2 danseuses, en diffusion (CCN Créteil, Théâtre de Pantin, Espace Malraux Joué lès Tours, Théâtre de Barbezieux, S&C 0uest-Provence…).
– 2016, « Contact #1 », 1 heure, 4 danseurs, en diffusion (Scènes nationales d’Evry, Orléans, Chateauroux…).
– 2014, intervenant au Sénat au colloque national «Les défis de l’éducation artistique et culturelle pour tous, de la maternelle à l’université».
– 2013, Artiste associé à la Scène nationale d’Evry et de l’Essonne (depuis 2013).
– 2012, « Alifat », 30 minutes, 2 danseurs, 30 représentations (Jordanie, Scènes nationales de Cherbourg, Evry, Le Séchoir Île de la Réunion, Théâtre de Thouars…).
– 2012, « Sabirat », 20 minutes, 1 danseuse et 1 chanteuse, 20 représentations (Jordanie, Scène nationale Cherbourg, Scène nationale Evry, Le Séchoir Île de la Réunion…).
– 2011, « Face à Face », 1 heure 15, 7 danseurs, 1 ensemble baroque, 30 représentations (Suisse, Scènes nationales d’Orléans, d’Evry et de Chateauroux, Opéra Tours…).
– 2010, « Moukawamat », 20 minutes, 1 danseur et 1 chanteuse, 40 représentations (Festival international Marrackech, Jordanie, Théâtres La Colonne, Festival HipHop Tanz…).
– 2009, « 3 au Cube », 1 heure, 3 danseurs, 50 représentations (Festival international Amman, Scènes nationales de Blois et d’Orléans, MC Bourges, Théâtre de Tremblay…).
– 2008, « Trio » 12 minutes, 3 danseurs, plus de 100 représentations (Belgique, Maroc, Festival La Villette, CCN Tours, CCN Rennes, Festival Echappée Belle, Onyx La carrière…).
– 2008, « La belle affaire », 30 minutes, 2 danseurs, plus de 100 représentations (Colombie, Etats-Unis, Inde, Mexique, Sri Lanka, Le WIP, MC Nevers, Festival les Invités….).
– 2008, Performance « Danse Plastique » au Centre Pompidou, Paris.

© Abderzak Houmi / Cie X-Press

24/10/2018 – RAPHAEL PLUVINAGE

Dans le cadre de son cycle de conférences « Artistes et créateurs invités », l’ÉSAD Orléans reçoit à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans Raphaël Pluvinage :
« Expériences autour de phénomènes invisibles »

Le monde qui nous entoure se peuple un peu plus chaque jour d’une complexité à la fois
invisible et incompréhensible (ondes, capteurs, cartes mères, codes, algorithmes, écrans à
cristaux liquides, téléphones portables, etc.). Depuis plus de trois ans, le studio Pinaffo-
Pluvinage, explore les lois de la physique, du numérique et de l’électronique et propose au
public d’expérimenter ces divers phénomènes par le biais d’une série d’objets ou de dispositifs.
Diplomé de L’ENSCI-Les Ateliers, Raphaël Pluvinage crée le studio Pinaffo-Pluvinage avec Marion Pinaffo également diplômée de l’ENSCI. Avec « Papier machine », un projet qui combine papier et électronique, le duo de designers est lauréat des Audi Talents Awards 2016 dans la catégorie Design. L’année suivante dans le cadre des DDays 2017, il présente une exposition éponyme au musée des Arts décoratifs, dans laquelle il développe la dimension ludique du projet : « Recourant au jeu, à la pédagogie, et au graphisme, «Papier machine» a donc pour projet premier de sensibiliser enfants et adultes aux possibilités techniques offertes par l’électronique imprimée et le papier.
Projet désormais devenu exposition, «Papier machine» se présente sous une forme inédite lors des DDays. Cette exposition comprend en effet deux projets distincts, «Papier Machine: le secret des boîtes noires» et «Papier Machine : Arcade Room», tous deux prolongeant les intentions initiales de Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage. «Papier Machine : le secret des boîtes noires» est un cahier renfermant une gamme de jouets électroniques en papier, prêts à être découpés, coloriés, pliés, assemblés ou déchirés. Ces jouets en papier, sérigraphiés avec des encres aux propriétés électriques, montrent que la technique révèle un monde de matières, de formes, de couleurs, et d’histoires, aidant à l’expression de l’imagination de chacun.
De conception différente, «Papier Machine : Arcade Room» fait de l’électronique une surface de jeu. Quatre grands formats en papier, installés du sol au plafond, résonnent sous l’action des visiteurs, qui sont ainsi immergés dans un univers graphique et sonore. »

http://www.parisart. com/papier-machine/ (extrait).
pinaffo-pluvinage.com

© Studio Pinaffo-Pluvinage

17/02/2018 – PAUL EMILIEU

Dans le cadre de son cycle de conférences « Artistes et créateurs invités », l’ÉSAD Orléans reçoit à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans Paul Emilieu, fondateur du collectif DANT (Design, Architecture et Nouvelle technologie), enseignant à l’école Camondo.

« De DANT à Post Piper : L’ambiance pour transformer nos imaginaires. »
DANT (Design, Architecture et Nouvelles Technologies) et Post Piper sont deux groupes de réflexion qui, depuis quelques années, élaborent des axes de recherche singuliers autour du design et de l’architecture. Les problématiques environnementales et numériques sont au cœur de leur attention. Souvent pris comme opposés, DANT et Post Piper essaient de répondre à ces deux enjeux en les réunissant par la conception d’environnements complets. Les productions qui en découlent sont souvent à la croisée de nombreuses disciplines et engagent des processus de réalisation spécifique. À travers chacun de ces projets, Paul Emilieu tentera d’expliciter avec conviction leur processus d’exécution et d’esquisser certains enjeux futurs pour les concepteurs d’espaces.

Paul Emilieu est diplômé de l’école Camondo et fondateur de l’agence de Design PES (Paul Emilieu Studio). Il organise à partir de 2009 des groupes de réflexion et des conférences sur les sujets du design, de l’architecture et du numérique. En 2011, il rencontre l’artiste Yann Toma avec qui il élabore plusieurs projets de grande envergure. Avec son studio, il conçoit et réalise une série de projets dans des lieux de prestige (Grand Palais, Beffroi de Montrouge, Tour Eiffel, etc.).
Il est également engagé dans la recherche, il est à l’origine du groupe de réflexion DANT (design, architecture et nouvelles technologies) intégré au laboratoire Art & Flux à la Sorbonne en 2011 et le groupe Post Piper en 2016.
Il a enseigné l’histoire des Arts et des Styles à l’école bleue où il élabore un MOOC de pair à pair avec ses étudiants. Il enseigne aujourd’hui un cours théorique à l’école Camondo intitulé « vers de nouveaux ensembles »
Il est également cofondateur du réseau Babylone qui travaille sur la ville résiliente et de l’association Belebat qui réalise des projets de redynamisation économique en milieu rural.

Accès gratuit dans la limite des places disponibles. Priorité sera donnée aux étudiants de l’ÉSAD Orléans.

CRÉDIT PHOTO :
post-piper, école camondo ©B.Heller ©Atelier Artel 2017