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Grands Ateliers de Janvier 2020

Les Grands Ateliers de Janvier 2020, moment incontournable de fin de premier semestre, ont lieu du 27 au 31 janvier 2020. Ils s’adressent à tous les étudiants, toutes options confondues et se composent de 15 ateliers qui permettent à 20 spécialistes, designers, plasticiens, auteurs, architectes de cerner un sujet dans toutes ses profondeurs et variétés, chacun à sa façon. Chaque année, ces ateliers donnent aux étudiants la possibilité de travailler sur des projets “grandeur nature” pendant une semaine.

 

PROGRAMME

1. SCRIPTER GUTENBERG :
DES PUBLICATIONS DE PAPIER ET D’ÉCRAN

(en lien avec l’atelier de recherche et de création Éditions nouvelles formes)

Du papier à l’écran, la dualité s’estompe tandis que les formes de publication migrent d’un support à l’autre et réciproquement. La composition fixe de la page imprimée rencontre l’interactivité et le flux liquide et adaptable des écrans. C’est le design responsive qui  s’étend aujourd’hui jusqu’au papier. Il devient possible à partir d’une même source de distribuer un contenu sur différents supports en lui appliquant une mise en forme adaptée à sa destination. Cette existence hybride tire la conception graphique vers de nouveaux possibles : livres programmés, sites web typographies, publications multisupports, flux paginé, pages adaptables, textes paramétrables, formes génératives…
Pour cela, il faut mettre les mains dans le code et les langages du web — technologies
libres, open source et collaboratives. L’objectif de ce workshop est d’utiliser un navigateur web et les langages HTML et CSS pour composer et recomposer la page — la page imprimée aussi bien que la page web.

Avec Julie Blanc et Lucile Haute
Julie Blanc est designer graphique et chercheuse en design graphique et ergonomie. Elle est doctorante au laboratoire Paragraphe de l’Université Paris 8 et au laboratoire de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris (EnsadLab) dans le cadre de l’école de recherche universitaire ArTeC (Art, Technologies et Création). Elle contribue au développement de Paged.js, une librairie JavaScript permettant d’imprimer des livres depuis les navigateurs webs.

Lucile Haute est artiste et chercheuse en art et en design. Elle est maîtresse de conférences à l’Université de Nîmes et chercheuse associée à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris (EnsAD – PSL). Ses travaux portent sur les formes hybrides de récit (texte, performance, installation, vidéo), le livre d’artiste et les éditions d’art imprimées et numériques. Appliquant des méthodologies de recherche-création, elle étudie et réalise des éditions hybrides et multisupports avec les technologies du web.

2. PAS-SAGE
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Espaces Communicants)

Qu’est-ce qu’un lieu de passage ? Que faisons-nous dans un lieu de passage ?
La rue, la place publique, l’agora ou encore les couloirs de l’école sont des espaces traversés et re-traversés ; comment les expérimenter autrement ? Le collectif Ne Rougissez Pas ! propose de construire une réflexion sur la re‑qualification d’espaces de transition d’un lieu à un autre. Les étudiant.e.s enquêtent sur les mouvements et les circulations dans l’école ou prospectent dans les rues aux alentours. Nous détournons les usages ordinaires que l’on trouve dans les “passages” en produisant des éléments perturbateurs de ces lieux de transition. L’objectif est de surprendre, de faire réagir les passants. Pour cela, les équipes du PAS-SAGE doivent apporter des ponctuations, des indices dans ces lieux parcourus, avec comme intention de voir, de sentir, de s’arrêter ; pour vivre une autre expérience de ces passages.

Avec Marion Poujade et Florent Alexandre du Collectif Ne Rougissez Pas !
Le collectif Ne Rougissez Pas ! s’appuie sur une pratique sans cesse mouvante, dont l’invention part de deux principes : un mélange de savoir‑faire artistiques servant une création participative et politique. Au moyen d’outils manuels et d’ateliers, mis à disposition dans des structures partenaires ou dans l’espace public, nous plaçons l’humain au centre de notre démarche, afin de réfléchir ensemble à notre manière de vivre
dans notre environnement. Nous souhaitons expérimenter et créer avec les autres, au sein du collectif comme au coeur de la ville, pour définir comment placer le rêve commun dans une réalité individuelle. Créateurs de contenu circulant entre plusieurs savoir-faire techniques : Graphisme + Identité visuelle + Illustration + Art + Pédagogie + Reliure +
Sérigraphie + Formes filmiques + Designw3.

3. DONNÉE DU TEMPS
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Technologies et société)

À chacun sa perception du temps. À partir d’une donnée liée au temps, les étudiant.e.s doivent concevoir une oeuvre en céramique. Cette oeuvre doit matérialiser cette donnée en démontrant les paradoxes, les doubles sens et les contradictions que la notion du temps représente dans la création. Les processus de conception et de fabrication doivent être perceptibles au sein du résultat final. Le workshop est ponctué de moments d’attente, de réflexion et de contemplation de la réalité qui passe.

Avec Patrick Paleta du studio de design Chevalvert
Diplômé de l’école Estienne en design typographique et des Arts Décoratifs de Paris en édition, Patrick Paleta se spécialise dans la création de systèmes graphiques et visuels. En 2007, il a co-fondé le studio de design visuel Chevalvert avec Stéphane Buellet. Sa pratique du design s’articule autour du signe, de la matière et du mouvement. Il enseigne à l’École Supérieure d’Art et de Design d’Amiens.

4. DESIGN D’UN PAYSAGE MELLIFÈRE
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Expérience(s) du Sensible/La biodiversité en question)

Un paysage mellifère est un design de paysage qui n’est pas à finalité humaine : il s’envisage pour les abeilles (et toute l’entomofaune pollinisatrice) à partir de leurs relations avec les fleurs. Dans un exercice de décentrement, il s’agit d’abord de ne plus considérer la perte de l’anthropocentrisme comme une menace mais comme une augmentation relationnelle au vivant (sensible & pragmatique). Connaître les abeilles et leurs relations aux plantes débouchent sur la nécessité d’un paysage comme milieu vivant diversifié et riche pour assurer leurs vies et procréations. Designer un paysage mellifère, c’est réenvisager les rapports d’intérêts humains/animaux/végétaux : comment nos activités humaines rentrent dans une cohabitation symbiotique avec l’ensemble du vivant ? Le workshop comprend entre autres : Présentation d’une approche sensible au paysage avec les abeilles comme médiatrice : manifeste du paysage mellifère & l’herbier des abeilles et sortie sur le terrain ; Visite chez un apiculteur de l’association « l’abeille Olivetaine » ; Créations en atelier et visite sur le terrain d’un parc, jardin, zone naturelle selon le point de vue du paysage mellifère. Les étudiant.e.s sont sollicité.e.s tout le long du workshop à déterminer ce qui les intéresse, questionne, rebute ou passionne afin qu’elles/ ils déterminent des « rencontres », c’est-à-dire découvrir l’hypothèse d’un agencement soit humain/ soit animal/ soit végétal qui puisse donner lieu à de futures explorations/ expérimentations. Le paysage mellifère n’étant qu’un exemple parmi des relations à réactualiser/réinventer/réagencer/ etc. avec le vivant.

Avec Olivier de Sepibus
Olivier de Sepibus se présente comme artiste-plasticien et apiculteur. Il s’est consacré à la photographie documentaire et de reportage entre 1994 et 2004 ; cette période s’est clôturée avec l’ouvrage Retraite paru aux éditions « Le Bec en l’Air ». La découverte du « Land Art » a totalement réorienté sa pratique artistique vers des travaux d’œuvres installées in situ dans des milieux naturels. En 2011, il prend ses premières ruches et démarre le projet « Le goût du paysage », toujours en cours.

5. RÉVÉLER UN LIEU PAR LA LUMIÈRE

Après une présentation du métier de concepteur lumière et des notions principales qu’un éclairagiste emploie au quotidien, l’atelier proposera de découvrir et de manipuler du matériel couramment employé en éclairage architectural et muséographique (réglage d’un cadreur, fabrication d’un gobo, emploi de filtres colorés, etc.), ainsi que de se familiariser avec des outils informatiques spécifiques (réalisation d’un plan lumière et de calculs d’éclairement). Les différentes réflexions amorcées lors de l’atelier se concrétiseront par la mise en oeuvre d’une installation lumière dans un contexte déterminé.

Avec Anthony Perrot de l’agence 8’18’
Après un BTS Design d’Espace, Anthony Perrot s’est spécialisé en conception lumière, en intégrant l’agence 8’18’’, puis comme indépendant depuis 2010. Il a participé aux mises en lumière de lieux culturels emblématiques tels que le musée du Quai Branly à Paris, le Centre Pompidou à Metz, ou encore la nouvelle copie de la grotte de Lascaux, inaugurée en 2016. Aujourd’hui, il collabore régulièrement avec des architectes, des scénographes, des muséographes, des paysagistes, pour apporter des conseils et solutions d’éclairage à leurs projets.

6. FX_IRL */ Effects_In-Real-Life /*

Effets spéciaux, [Feux d’] Artifices, Deus ex machina, trucs et astuces etc., il s’agit de créer des effets visuels et sensoriels à l’aide de matières et de mouvements pour donner corps à un instant poétique ou narratif. Tissu, lumière, eau, sons, mécanismes… seront à manipuler, à instrumenter et surtout à mettre en scène.

Avec Juliette Gelli et Alexandre Contini
C’est entre les cliquetis d’une centaine de tubes fluorescents, d’autant de matrices de LED et de nuages de brumes projetés que Juliette Gelli, designer formée à l’ENSCI et Alexandre Contini, ingénieur, artiste numérique, scénographe, se sont rencontrés, lors de  l’installation de leurs œuvres respectives sous le soleil du Macki Festival. Ils ont ensuite allié leurs forces et envies pour créer, avec le designer Raphaël Pluvinage, les Fantômes du musicien Flavien Berger, sorte de Band robotique tout en volutes qui l’accompagne en tournée. Depuis ils composent en duo des installations, scénographies et images oscillant entre moteurs pas à pas, feux d’artifice de pixels et miroirs noirs boules à facettes.

7. SANS LES MAINS !
Jeux vidéo et interfaces alternatives

En partant d’un jeu vidéo existant (vintage et classique, de préférence), il s’agit de concevoir une interface physique ou un dispositif qui vont changer la manière d’appréhender ce jeu. Nouvelles règles absurdes, jeu en équipe, détournement, contraintes stupides, tous les moyens sont bons pour modifier les façons de jouer à des jeux mondialement connus. Ces interfaces peuvent prendre la forme d’objets à manipuler pour interagir, de travail sur la gestuelle ou le rituel, de déplacement dans l’espace, utilisation de la voix… Humour et idées folles sont les bienvenues. Des outils et des logiciels simples d’accès (qui ne nécessite aucune une expérience en programmation ou en électronique) seront mis à votre disposition. Ce travail est un prétexte, entre autres, pour aborder les notions de game design, de design d’interaction, d’expérience utilisateur (UX) et de conception d’interfaces physiques. Et s’amuser. Aussi.

Avec Florent Deloison
Florent Deloison est diplômé de l’école supérieur d’art d’Aix en Provence et a étudié à la School of the Art Institute de Chicago et à l’école nationale supérieure des Arts décoratifs. Il enseigne à Paris le design interactif à l’ENSCi – Les Ateliers et à l’ÉSAD Orléans. Il a exposé
en France et à l’étranger, lors de festivals ou au sein d’institutions (Centre Pompidou, Gaîté Lyrique, 104…). Son travail, s’inscrivant dans le mouvement du GiscardPunk, s’attache
à révéler les objets d’une époque qui n’a jamais eu lieu. Ces propositions, remettant en cause les questions d’efficience ou d’usabilité, sont fortement marquées par le jeu vidéo, la culture populaire, le cinéma ou encore l’histoire contemporaine. Il s’intéresse aux flux, aux transformations de données et à la matérialisation d’informations. Il utilise le monde
et ses nouveaux éléments (médias, réseaux, flux de données…) tel un robinet qui va alimenter ses œuvres.

8. DE TOUTES PIÈCES

À la manière d’un jeu de construction, selon des principes d’assemblage et d’empilement, ce workshop invite à la construction collective d’une installation sculpturale : totem et/ou cabane, architecture utopique. Nous élaborons une structure à partir d’objets hétéroclites réinvestis : ustensiles, bibelots, rebuts et matériaux divers. La réalisation opère alors selon les matières mêmes, les morphologies et les pouvoirs d’évocation des objets… La pratique de l’assemblage les fait dialoguer et communier, à terme, en une structure hybride, collective.
Le jeu des rencontres, les secrets des trouvailles et des métamorphoses d’objets impliquent à la fois l’intime et le collectif, le hasard et la logique, un sens concret et une dimension subtile des interrelations. Il s’agit d’agencer entre elles des entités hétérogènes pour donner corps à un ensemble composite, né d’identités plurielles, dénaturées et transformées. Architecture hybride, mobilier transgenre, ustensile monstrueux : il faudra, pourtant, « que ça tienne » – et ce non tant par un effet de structure qu’en raison même de cette singularité nouvelle. Dans le temps même de la collaboration, s’élabore et se raconte l’histoire de cet objet. Sa réalisation lui attribue, pour ainsi dire intuitivement, des faisceaux de fonctions : individuelles et sociétales, symboliques ou rituelles… La création collective implique à ce titre une réflexivité à l’égard des objets, de leur statut et de leur nom. Elle s’accompagne d’une interrogation au sujet des pratiques, des gestes et des formes par un imaginaire propre au jeu.
Le principe d’économie de moyen nous permet de trouver des solutions simples pour assembler et articuler les pièces et matériaux divers. Certaines techniques d’assemblage mécanique ou de menuiserie viennent appuyer les solutions trouvées.

Avec Charlie Boisson
Né en 1980, Charlie Boisson est plasticien, diplômé des Beaux‑Arts de Saint-Étienne en 2005. Son travail a été montré à l’occasion de la 61e édition du salon de Montrouge en 2016, de la 68e édition de Jeune Création aux Beaux-Arts de Paris en 2018 et dans d’autres projets collectifs tels que Open Sky Museum dans le cadre du projet de recherche + de réalité des Beaux-Arts de Nantes ou encore Le Parcours Saint-Germain en 2017. Il a bénéficié d’une exposition personnelle à la galerie Tator et à la galerie Bikini à Lyon en septembre 2018, une exposition personnelle lui a également été consacrée à Paris en mai 2019 dans l’espace de l’association L’ahah.

9. ACTION ! Vidéo et espace public

À la façon de Boris Achour dans Actions-Peu (1995-97) ou de Pierre Huygues dans Dévoler (1994), les étudiant.e.s réalisent des interventions éphémères dans l’espace public avec des éléments trouvés sur place ou des matériaux peu onéreux, comme du scotch, du carton, des tracts, des affiches… Ces interventions peuvent être politiques, poétiques, absurdes ou graves. Elles doivent afficher une distance amusée ou critique par rapport aux codes de l’urbanisme, elles doivent interpeller, dévier le regard en perturbant l’organisation établie des signes visuels.

Avec Flavie Pinatel
Flavie Pinatel est réalisatrice et plasticienne, elle vit et travaille entre Marseille et Aubervilliers. Son travail a été montré au FID Marseille, à la biennale de Lyon, au BAL, à Visions du réel (Nyon), au festival de documentaire de Lussas. Elle enseigne actuellement les arts plastiques à l’École nationale d’architecture de Paris La Villette. Son dernier documentaire de création « Les chants de La Maladrerie » a été primé quatre fois dans des festivals nationaux et internationaux.

10. ARCHITECTURES OPPOSITIONNELLES, OBJETS COMMUNS
(en lien avec l’atelier de recherche et de création Nouveaux Territoires)

L’architecture est une situation faite de corps, de gestes et d’objets. Engager le croisement des concepts d’espace public et de commun nous incite à appréhender autrement le processus de production de nos milieux vécus, notamment à déplacer certains antagonismes (public vs. privé, institution vs. société civile etc.). L’architecture qui constitue le cadre des lieux vécus se situe traditionnellement du côté du « public » en tant qu’institution et modèle politique, et se conçoit dans des cadres réglementaire et normatif, préservant la dichotomie public-privé tant dans sa production que dans sa gestion.
Dès lors que les architectures s’engagent sur le champ du commun, elles se positionnent de manière critique vis-à-vis de cette architecture « instituée », garante non de l’intérêt « commun » mais de l’intérêt public. Elle s’engage dès lors dans une démarche critique et oppositionnelle. Par un exercice de ré-appropriation et de détournement d’objets  communs – au sens d’usuels, de partagés –, nous tentons d’expérimenter au cours de ce workshop, une telle démarche critique. Partant du potentiel subversif de ces objets et gestes du quotidien détournés, réorganisés, ré-assemblés, nous visons à produire une série d’architectures oppositionnelles au sens de situations tentant, symboliquement ou concrètement, à critiquer voire destituer la normativité et les architectoniques politiques composant la sphère publique.

Avec Alexis Gouin et Victor Barasoain du collectif YA+K
YA+K est un collectif pluridisciplinaire basé à Bagnolet. Développant des projets et actions au croisement des disciplines (urbanisme, art et design) et des formats, les travaux de YA+K interrogent les capacités de l’architecture — comme pratique, gestes, processus et production — à expérimenter et construire collectivement de nouvelles configurations spatiales et politiques.

11. ENQUÊTE EXTRA-DISCIPLINAIRE ET RÉCIT SPÉCULATIF
(en lien avec le programme de recherche en préfiguration « Blockchain in Média »)

Workshop hors-les-murs, résidence au Centre d’art contemporain Les Tanneries d’Amilly
Entre 2013 et 2019, plusieurs fuites de documents issues des banques mondiales ont fait la une des journaux : Offshore Leaks, Swiss Leaks, Panama Papers ou encore, Paradise Papers. Ces scandales médiatiques ont fourni une abondante littérature révélant l’existence d’un véritable réseau financier occulte. Le collectif RYBN en a fait la matière première d’une série d’installations artistiques et documentaires, The Great Offshore. Mais loin de se limiter à des écritures comptables, aux célébrités épinglées ou à l’imagerie des cocotiers et des plages de sable fin, le projet dévoile une matière riche de spectres et de fantômes, de conquête spatiale, d’animaux fantastiques, de récits coloniaux contemporains, d’enquêtes de détectives, et de mille autres figures. Le workshop se veut une entrée pratique dans la méthodologie de l’enquête artistique et des pratiques extra-disciplinaires, tout autant qu’une invitation à retravailler la matière de The Great Offshore, à la transfigurer, mais aussi plus simplement, à s’en inspirer comme un réservoir à stratagèmes, pouvant enrichir des pratiques plastiques, émergentes ou établies.

Avec le collectif RYBN
Ce collectif de recherche artistique indépendant – basé à Paris – a été fondé en 1999. Il mène des enquêtes extra-disciplinaires sur des sujets complexes, techniques, occultes et ésotériques, comme le trading et les structures de marchés haute fréquence, les réseaux de la finance offshore, les racines kabbalistiques des architectures cybernétiques, le retour de la figure du calculateur humain dans l’organisation du travail spécifique au digital labor, etc. Les formes plastiques issues de ces recherches cherchent à s’étendre en dehors des whites cubes de l’art contemporain, en se disséminant dans des espaces où elles sont à même
de créer des effets d’échos, de résonance et de feedback avec leur contexte d’origine : marchés financiers, réseaux électroniques de communication, spectre électromagnétique, marchés des micro-tâches, etc.

12. USAGE SENSIBLE : Une réflexion sur l’utilisation de l’impression 3D dans un monde aux ressources finies

A quoi sert l’impression 3D ? Avec l’émergence de tout nouvel outil se pose la question de son utilité et de sa pertinence. Avec sa démocratisation vient son lot de gadgets et de dérives. Pourtant, son large potentiel n’a pas fini d’être exploré. Selon le prospectiviste Jeremy Rifkin, l’impression 3D signe le début de la 3e révolution industrielle. Elle modifie les modes d’utilisation des ressources, nos moyens de production, de stockage, de transport des objets…
Aujourd’hui, la finitude des ressources, l’impact de l’Homme sur son environnement et l’affaiblissement des écosystèmes remettent en cause nos modes de vie. Quelle place peut prendre cet outil dans un contexte social, environnemental et économique complexe ? Après analyse des objets ramenés par chacun, nous étudions comment cette technologie numérique peut permettre de modifier la perception, redonner vie ou même « augmenter » ces objets, à l’instar du kintsugi, l’art de réparer les objets en céramique cassés avec de l’or, leur conférant ainsi encore plus de valeur.

Avec Julien Benayoun de l’agence Bold Design
Bold est une agence de design et scénographie créée par William Boujon et Julien Benayoun en 2008. Ils s’inspirent des derniers développements technologiques, des sciences et des arts pour imaginer leurs objets ou leurs espaces. Cette approche leur permet de collaborer avec des structures comme Le Laboratoire, Paris/Cambridge, le MIT Media Lab, le Centre Pompidou, Paris Design Week, Habitat, AYBAR gallery Miami, Galerie Bertrand Grimont, PLUMEN, etc. L’agence est également un laboratoire de recherche  autour des nouveaux usages et interroge les techniques traditionnelles et les technologies
numériques. Depuis leur collaboration en 2015 avec Dood Studio (concepteurs et  abricants d’imprimantes 3D), Bold développe de nombreux projets autour de l’impression 3D comme un système de stylos paramétriques, une collection de vases poilus en fibres végétales pour une galerie ou des enceintes bluetooth personnalisables.
Pour le Habitat Design Lab, l’agence a également développé des collections d’objets personnalisables et fabriqués à la demande au cœur d’une boutique et réinterroge ainsi les questions de conception, production et distribution des objets.

13. OBSOLESCENCE DÉPROGRAMMÉE

L’objectif de ce workshop est de ré-interpréter des objets technologiques sous une forme plus simple et plus pérenne. Pour cela, les étudiant.e.s doivent dans un premier temps comprendre les objets techniques qu’ils auront sélectionnés en ouvrant leur boîte noire et en la disséquant. Ensuite, il leur faut ré-agencer cet objet en utilisant un mono-matériau pour constituer l’enveloppe de celui-ci. Ce matériau constituant leur nouvel objet devra être imaginé comme interchangeable (donc dissociable de la partie technique), réparable et même évolutif afin de lui assurer une plus grande pérennité. Ses évolutions devront d’ailleurs pouvoir être réalisées par les usagers au travers de procédés frugaux pouvant s’inspirer de savoir-faire traditionnels. L’idée finale est d’obtenir une collection d’objets illustrant un nouveau type de conception spéculatif d’objets technologiques dont l’usager devient partie prenante et dont il peut maîtriser la durée de vie de celui-ci.

Avec Martin de Bie
Martin de Bie est un designer/enseignant/chercheur basé à Paris. Ses recherches personnelles s’articulent autour de l’hybridation entre savoir-faire artisanal et technologies numériques. Il poursuit plus précisément depuis cette année un travail autour de “l’électronique artisanal résilient” pour lequel il vient d’obtenir la bourse Agora 2019. Pendant de nombreuses années, il a collaboré avec la branche française du Graffiti Research Lab au sein de laquelle il a développé une approche expérimentale, combinant technologies d’interaction et pratiques socio-culturelles urbaines. Il a également co-fondé DataPaulette, un collectif multidisciplinaire à la croisée de l’art textile, de la recherche scientifique et des pratiques numériques qui prend la forme d’un laboratoire indépendant fonctionnant comme un hackerspace. Aujourd’hui, il partage son temps entre l’enseignement à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, de nombreux projets collaboratifs et ses recherches personnelles.

14. OBSOLESCENCE (RE)PROGRAMMÉE
« inculquer à l’acheteur le désir de posséder quelque chose d’un peu plus récent, un peu meilleur et un peu plus tôt que ce qui est nécessaire. » BROOKS Stevens

L’obsolescence programmée, « intelligence » de conception mise au service de la dégradation accélérée d’un appareil dans le but commercial de le remplacer, est une aberration écologique. Ce processus de dégradation contrôlé n’est pas sans rappeler le début de la définition de la ruine. « Processus de dégradation, d’écroulement d’une construction, pouvant aboutir à sa destruction. » Lorsqu’on confronte les notions de ruine et d’obsolescence programmée, des familiarités peuvent émerger. En effet, la ruine est le témoin d’une époque passée, elle parle d’un usage, évoque un mode de vie, retrace une manière de fabriquer… Il est intéressant de noter également que ce qui est qualifié de ruine aujourd’hui est probablement ce qui a été structurellement le mieux conçu à l’origine.
C’est ce qui a résisté. Ainsi, dans le cadre de ce workshop, les étudiant.e.s réfléchiront leur objet à l’envers, dans une démarche « d’obsolescence programmée positive » et donc il s’agira de commencer par ce qui restera ». Il s’agira de concevoir un objet du quotidien (hors objets électroniques), en ayant en tête ce que sera sa « ruine future ». Ce que l’objet laissera comme matière, trace, volume, qui deviendra porteur de nouvelles fonctions… une fois écoulé son temps d’usage premier. Les étudiant.e.s proposent un scénario d’évolution de leur objet vers sa « ruine », d’aujourd’hui à une temporalité qu’ils se fixeront pour aboutir à une solution environnementale au-delà du recyclage ou du réemploi.

Avec Philippe Riehling
Philippe Riehling pratique un design qui croise, au fil de ses projets respectueux de l’environnement, relecture de savoir-faire, circuits courts et lien social. Depuis plus de dix ans, il collabore avec des industriels, des artisans, des PME et des institutions publiques pour créer et développer des solutions aussi diverses que des objets, produits industriels, équipements urbains, mobiliers, scénographies itinérantes, dispositifs de médiation. Son activité se décline aujourd’hui également sous la forme d’un accompagnement stratégique au développement de projets, de l’organisation de concours de design ou encore de propositions s’appuyant sur des expertises naturalistes venant compléter la palette de services proposés.

15. OBSERVER ET INVENTER
En partenariat avec le Centre Chorégraphique National d’Orléans

OBSERVER
comment se construit une image
comment la construction peut être performative
INVENTER
Des images performées
Des performances imagées
PRÉSENTER

Avec Agnieszka Ryskiewicz et Olivia Gay
Formée en danse contemporaine en Autriche puis à Paris 8 et au CNDC d’Angers, Agnieszka Ryszkiewicz est attirée par la présence du corps dans d’autres disciplines et intègre le laboratoire de création du Palais de Tokyo puis le studio de jeu Pygmalion pour pouvoir
évoluer plus librement au gré des projets dans le milieu du théâtre, de la danse ou des arts visuels. Interprète et auteur de projet, son travail a été présenté en France et à l’étranger aussi bien dans des théâtres, musées et galeries que dans des contextes moins habituels comme des maisons d’arrêts, des écoles ou des centres commerciaux. Sa réflexion sur le temps et la mémoire ainsi que sur l’iconographie du corps féminin la mène vers des mises en scène sommaires, où les danseurs.euses deviennent des personnages de fictions
suggérées. En épuisant les mécanismes de la répétition, de la citation ou de l’efficacité, les corps et les objets échappent au contrôle des interprètes et deviennent alors plutôt espaces de projections que protagonistes.

Olivia Gay est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Elle a également étudié l’Histoire de l’Art à Bordeaux. Depuis 2017, elle est chargée de cours à l’Université Paris Panthéon-Sorbonne, et à l’Ecole Saint Charles (option photographie).
Ses photographies révèlent la présence de femmes inscrites dans un contexte sociétal qui tend à altérer leur visibilité. Le point de vue frontal, caractéristique de son travail interroge la nature du regard et la relation entre le photographe et son sujet. La démarche relève d’une intention de mise en lumière de cette réalité par le réemploi des codes esthétiques de la représentation iconique, dans un contexte documentaire. Ses travaux sont exposés en France et à l’étranger (Maison européenne de la photographie à Paris, galerie du Château d’Eau à Toulouse, Fondation MAST à Bologne, Pinacothèque de Sao Paulo, etc.)

REMERCIEMENTS

Intervenants
Florent Alexandre ; Victor Barasoain ; Julien Benayoun ; Julie Blanc ; Martin de Bie ; Charlie Boisson ; Alexandre Contini ; Florent Deloison ; Olivia Gay ; Juliette Gelli ; Alexis Gouin ; Lucile Haute ; Patrick Paleta ; Anthony Perrot  ; Marion Poujade ; Flavie Pinatel ; Philippe Riehling ; RYBN ; Agnieszka Ryskiewicz ; Olivier de Sepibus

Partenaires
Orléans Métropole
Mairie d’Orléans
Le 108
Centre d’art contemporain Les Tanneries d’Amilly
Centre Chorégraphique National d’Orléans

Équipes de l’ÉSAD Orléans
Emmanuel Guez, directeur
Laurence Salmon, coordinatrice du projet, historienne du design
Les équipes techniques et administratives
Les responsables d’atelier :
Boris Adamczyk ; Stéphane Bérard ; Marlène Bertoux ; Clémence Brunet ; Stéphane Détrez ; Madi Kassay ; Paul de Lanzac ; Camille Legriffon ; Virginie Péchard ; Marek Zaroslinski
Les étudiantes du Making-of : Mathilde Goncalves, Laurine Louet, Alicia Marty et Fleur Mautuit

Téléchargez le programme des Grands Ateliers de Janvier 2020

Exposition Mycelium, poïétique des formes vivantes

MYCÉLIUM, POÏÉTIQUE DES FORMES VIVANTES

Exposition du 7 février au 6 mars 2020 à l’ÉSAD Orléans
Vernissage le vendredi 7 février à 12h30

Proposant un point de vue au carrefour de l’art et de la science, l’exposition Mycélium, Poïétique des formes vivantes est un laboratoire d’expériences sensibles, où les processus scientifiques nourrissent une pratique sculpturale. 

Le mycélium serait le réseau neurologique de la nature. On le surnomme le Wood Wide Web. Il ramifie et lie tous les organismes vivants présents dans son environnement. 

A l’image du mycélium, cette recherche sur la mise en forme du vivant a donné lieu à de multiples variations et déclinaisons du vivant comme bio-matériau. Les découvertes et recherches fructueuses ne sont que le point de départ de nouvelles expérimentations. 

La notion de processus est ici centrale. Elle est illustrée par le choix du terme poïétique qui qualifie l’étude des processus de création en art. Faire pousser son matériau, pouvoir lui donner forme, être à l’écoute de ses besoins, en connaître les qualités et faiblesses, tous ces éléments créent une relation presque intime entre l’artiste et la matière. 

Trois grandes lignes se dégagent au sein de cet espace d’exposition : le mycélium, le SCOBY (Symbiotic Culture of Bacteria and Yest) et les cristaux. Trois phénomènes et trois installations qui relèvent d’un processus naturel et qui questionnent la matière, la temporalité, l’échelle et l’espace. 

Les visiteurs sont invités à découvrir de nouvelles formes et matières générées par le vivant à travers des ensembles d’objets, de textes, de vidéos et de photographies faisant appel aux sens visuel, tactile et olfactif. 

Mycélium a reçu le soutien de la DRAC et de la Région Centre-Val de Loire, le CBM (Centre Biophysique Moléculaire) et le CNRS Orléans.

Remerciements à l’équipe pédagogique, technique et administrative de l’ÉSAD Orléans et de l’unité de recherche ÉCOLAB (responsable : Ludovic Duhem), Laurence Laboutière (mycologue) et aux membres du CBM, ainsi qu’à Charlotte Bergami (scénographie), Erwan Roussel (graphisme) et Antoine Jenniches (montage).

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Chloé Jeanne est diplômée avec les félicitations du jury de l’EESAB Quimper en juin 2018.  Elle entreprend ensuite un post-diplôme au sein de l’Unité de Recherche ÉCOLAB, ce qui lui permet d’être accueillie au Centre Biophysique Moléculaire (CNRS Orléans) en tant qu’artiste invitée. Elle collabore également avec la mycologue Laurence Laboutière. L’exposition Mycélium – Poïétique des formes vivantes est l’aboutissement de cette année de recherche. 

Sa pratique s’oriente vers le vivant et biomatériaux. Ses œuvres puisent dans la recherche scientifique et le design. Elle propose des installations et des sculptures prises dans des environnements sensibles de grande intensité. Espace, objets, odeurs, organismes vivants forment le vocabulaire qu’elle déploie dans un récit qui joue avec les ambiguïtés de la perception. 

www.chloejeanne.net 

Crédits photos : Paul de Lanzac/ÉSAD Orléans

Portes ouvertes 2020

PORTES OUVERTES 2020
dans les murs
hors les murs
derrière les murs
entre les murs

VENDREDI 7 FÉVRIER
13H-20H
SAMEDI 8 FÉVRIER
10H-19H

ÉSAD Orléans
14, rue Dupanloup
108, rue de Bourgogne
45000 Orléans

Tram ligne B Arrêt Cathédrale
Parking Cathédrale

L’ÉSAD Orléans a le plaisir d’ouvrir ses portes le vendredi 7 février de 13h à 20h et le samedi 8 février de 10h à 19h.

PROGRAMME

Présentation de l’École par le directeur le vendredi à 17h et le samedi à 11h et 15h (auditorium)

Mon projet de diplôme en 3min chrono par les étudiants de 5e année le samedi à 16h (auditorium)

Exposition Mycélium, Poïétique des formes vivantes de Chloé Jeanne, étudiante-chercheuse en post-diplôme

Exposition des travaux des étudiant.e.s et de diplômé.e.s

Rencontre avec les étudiant.e.s, les enseignant.e.s et les diplômé.e.s

Découverte du labo numérique, des ateliers et de la bibliothèque

Information sur les admissions en première année et en cours de cursus, l’insertion professionnelle, les possibilités de mobilités à l’international et de stages

Retrouvez-y nos différentes formations :

  • Classe préparatoire aux métiers de la création
  • Diplômes de premier cycle/DNA et second cycle/DNSEP :
    option Design, mention Design visuel et graphique
    option Design, mention Design objet et espace
    + Parcours Design et Architecture avec l’ENSAPVS
  • Post-diplôme au sein de l’Unité de Recherche ÉCOLAB

Étudiants, enseignants et membres du personnel seront à votre disposition pour échanger pendant deux jours. Le bâtiment principal au 14 rue Dupanloup ainsi que les annexes au 108 rue de Bourgogne ouvriront leurs portes pour l’occasion.

Ce projet est porté par les étudiants de quatrième année : Antoine Buon, Laetitia Cuchet, Hugo du Roure, Éléonore Fines, Mégane Lazou et Lucie Sahuquet sous la direction de Sébastien Pons pour la scénographie et Nicolas Girard pour la conception graphique.

Transition

CYCLE DE CONFÉRENCES
TRANSITION

PROGRAMME 2019-2020
Coordination : Didier Laroque

Qu’est qu’une transition ? L’origine du mot français, située dans la première moitié du XVe siècle, serait l’« art de faire passer une idée à une autre » ; les sens ultérieurs dériveraient de cette première signification.  Antérieurement, le latin prémoderne entendait transitio ainsi que la « transe de la mort ». Plus anciennement, le transitio antique indiquait en rhétorique un « passage ». Distinguant l’être sensible et l’être intelligible, la philosophie platonicienne sépare ce qui est voué au changement et ce qui demeure perpétuellement le même ; la transition y est une qualité subalterne. Se séparant de cette pensée, Aristote considère deux espèces de changement : 1/ la génération et la corruption, 2/ le mouvement, comprenant lui-même croissance et décroissance, altération et translation (Métaphysique, livre VII, 7-9). Soulignons l’évidence : ces conceptions exercèrent une influence profonde autant que longue sur la pensée occidentale. Pouvons-nous concevoir autrement que selon l’ontologie de l’infini propre au platonisme comme au néoplatonisme ou d’après l’aristotélicienne ontologie du fini ? — Qu’il s’agisse d’opposer fluence à permanence, venue à l’être et sortie de l’être, évolution à involution, il paraît que la transition ne peut être entendue sans donner au dialectique son rôle universel fondamental : il est, selon Hegel, « le principe de tout mouvement, de toute vie et de toute manifestation active dans l’effectivité » (Encyclopédie des sciences philosophiques, I. La science de la logique, § 81, Addition).

Tandis qu’un sentiment apocalyptique fait apparaître l’urgence contemporaine d’une « transition énergétique » ou d’une « transition écologique », le cycle de conférences propose un recul pensif ; afin de comprendre, selon divers disciplines et cultures, la métabase d’une chose en une autre.

MERCREDI 15 JANVIER
Introduction au cycle de conférences
Didier Laroque, enseignant à l’ÉSAD Orléans

MERCREDI 12 FÉVRIER
Écologie et transition
Olivier Gaudin, maître de conférences en philosophie à l’École de la nature et du paysage de Blois

MERCREDI 4 MARS
Transition écologique et mouvement culturel
Catherine Larrère, professeur de philosophie émérite à l’université Paris I

MERCREDI 11 MARS
Transition écologique et transition politique
Joëlle Zask, maître de conférence en philosophie à l’université de Provence

MERCREDI 18 MARS
L’ultime transition selon René Girard
Benoît Chantre, écrivain

MERCREDI 25 MARS
Transition et transmission
Denis Kambouchner, professeur de philosophie émérite à l’université Paris I

MERCREDI 1er AVRIL
La transition comme “éternel retour”
Céline Flécheux, maître de conférence en esthétique à l’université Paris-Diderot

MERCREDI 29 AVRIL
Transition et métamorphose dans le taoïsme
Antoine Arsan, écrivain

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Les conférences ont lieu de 16h à 17h30 à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans sauf mention contraire.
Elles sont destinées prioritairement aux étudiants de l’ÉSAD Orléans.
Dans la limite des places disponibles, elles sont ouvertes au grand public avec le pass musées (15€/an) disponible au Musée des Beaux-Arts.

le bauhaus en héritage

DATE
Mardi 10 décembre à 17h30

LIEU
Hôtel Dupanloup
1 rue Dupanloup ; 45000 Orléans

ENTRÉE
Conférence prioritairement réservée aux étudiants de l’ÉSAD Orléans
Ouverte au public dans la limite des places disponibles.
Réservation conseillée en écrivant à communication@esad-orleans.fr avant le 6 décembre 2019.

le bauhaus en héritage
Projection co(mme)ntée par Jakob Gautel

Voici, à partir d’un héritage familial, un regard particulier sur le Bauhaus, cette école d’art, de design et d’architecture avant-garde, qui fête cette année son 100e anniversaire. Il s’agit non pas d’une énième présentation historique du Bauhaus, mais de l’expérience du Bauhaus tel qu’il a été vécu de l’intérieur, par deux de ses étudiants, à deux époques charnières différentes, et comment ces deux « Bauhäusler » ont essayé de faire perdurer et de défendre ses valeurs sous le régime nazi. Comme troisième point de vue s’ajoute celui du petit-fils, artiste lui-même, qui porte son regard sur cette histoire et tente d’établir un « dialogue artistique intergénérationnel posthume » :

Jakob Gautel, artiste plasticien né en 1965 à Karlsruhe, en Allemagne, vit et travaille à Paris et ailleurs. Il enseigne à l’ENSAPLV en arts plastiques, en licence et en master dans le domaine d’études Arts et scénographie, avec des cours théoriques et pratiques.

Depuis 2012, il travaille sur les traces de son héritage personnel du Bauhaus : sa grand-mère maternelle Corona Krause (1906-1948), tisserande, designer textile et styliste, et son grand-père paternel Hermann (Sven) Gautel (1905-1945), designer de lampes et de meubles, architecte intérieur, ont tous les deux étudié au Bauhaus, à Weimar et à Dessau. Des dossiers de travaux (cours de Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy etc.), des dessins, photos, meubles, textiles, vêtements et objets nous sont parvenus.

Mais que nous disent ces documents et objets ? Que pouvons-nous savoir sur quelqu’un qui n’est plus là, à travers de ce qu’il laisse derrière ? Et comment peut-on établir un contact avec le passé, à travers des objets, des documents et photos ?

Pour son projet de recherches, tentaculaire et forcément inachevé, entre enquête, recherches historiques et expérimentation artistique, Jakob Gautel a bénéficié de l’aide à la recherche artistique du CNAP en 2013-14 et d’une résidence d’artiste au Meisterhaus Muche, fondation Bauhaus Dessau, en été 2017.

Photos © Jakob Gautel/ADAGP 2019

HISTOIRE ET THÉORIE DES ARTS

CYCLE DE CONFÉRENCES
HISTOIRE ET THÉORIE DES ARTS

ANNÉE 2019-2020
Coordination : Evelyne Paradis

MERCREDI 13 NOVEMBRE
L’écologie est-elle soluble dans l’art contemporain – et réciproquement ?
Morgan Labar, docteur en Histoire de l’art

L’écologie est-elle soluble dans l’art contemporain – et réciproquement ? Pour certains une réponse par l’affirmative va de soi. D’autres craindront un art « récupéré », instrumentalisé, asservi à des considérations « non artistiques ». Inversement, certains s’inquiéteront d’un dévoiement de la cause écologiste, et mettront le doigt sur la bonne conscience environnementaliste que s’achètent les pollueurs en finançant des projets d’artistes.
Cette conférence sera l’occasion d’explorer les zones de frictions entre histoire de l’art contemporain et écologie politique, et d’évoquer pistes et perspectives pour la création de demain. Pratiques artistiques dites  « éco-responsables », recyclage, actions spectaculaire artistico-militantes, ou encore actions restauratrices sur la nature : le spectre est large. On présentera notamment les nouvelles formes d’art participatif qui ont émergé depuis la fin des années 1980 ; pratique artistique et action environnementale y sont conjointes pour viser à l’émancipation sociale.

MERCREDI 20 NOVEMBRE
Pierre Guariche (1926/1995) : Du décorateur créateur d’ensemble au designer
Delphine Jacob, architecte DPLG

L’industrialisation de la construction des programmes de logements collectifs en 1947 entraîne pour les architectes l’adoption d’une méthode qui passe par la création de cellules types. Le décorateur-créateur d’ensembles Pierre Guariche s’inscrit dans ce contexte. Cette contribution va nous permettre de comprendre comment le mobilier standardisé de Pierre Guariche vise la production industrielle par le choix de la mise en œuvre de matériaux spécifiques. Nous nous baserons sur l’analyse de ses luminaires dont l’esthétique radicale allie la beauté, la fonctionnalité et la perfection technique et optique. Nous répondrons à ce sujet en nous intéressant aussi à son travail sur les meubles aux influences scandinaves conçus avec des dérivés du bois. Puis nous nous interrogerons sur l’impact, dans l’œuvre de Pierre Guariche, de l’arrivée des nouveaux matériaux venus d’outre-Atlantique, essentiellement les thermoplastiques et les fibres synthétiques déjà expérimentés par les designers américains. Nous aborderons à travers des comparaisons le design scandinave (Aalto), US (Eames…), italien (Sarfatti)…

MERCREDI 27 NOVEMBRE
Une histoire différente de la contribution des femmes aux arts : le cas de l’Egypte moderne
Nadine Atallah, historienne de l’art

Depuis plusieurs décennies, en particulier aux États-Unis et en Europe, d’importants travaux sont menés pour étudier la place des femmes dans l’art, montrer leurs œuvres et les intégrer dans les collections des musées, notamment à la suite des réflexions pionnières de l’historienne de l’art féministe américaine Linda Nochlin. Celle-ci posait en 1971 une question importante : « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grandes artistes femmes ? », afin de mettre en lumière les facteurs sociaux et institutionnels qui limitent sinon empêchent la réussite et la visibilité des femmes dans le domaine artistique. Or, suggérant que les arguments de Nochlin n’ont rien d’universel, la peintresse égyptienne Nazli Madkour lui répondit en 1993 : « C’est un fait que nous, en Égypte, avons eu une histoire différente de la contribution des femmes aux arts, qui n’a pas encore été racontée. Bien que notre histoire nous ait accablées par des comportements similaires – sinon plus rigides – des circonstances particulières ont permis la reconnaissance de la contribution de la femme moderne à ce champ » . En effet, contrairement à la majorité des pays du monde, en Egypte les femmes ont pris part à la création artistique dès le début du XXe siècle, et y sont reconnues comme des actrices importantes des mouvements de l’art moderne. En prenant pour point de départ l’opposition de Madkour à Nochlin, cette conférence présente des éléments de compréhension de la place des femmes dans l’art moderne égyptien, et offre des points de comparaison avec l’histoire occidentale. Il s’agit notamment de présenter la chronologie de la modernité en Egypte, qui diffère de la chronologie euro-américaine, et d’identifier le profil de ces femmes artistes tout en situant leur travail et son évolution en relation avec l’histoire politique et culturelle de l’Egypte. Le propos s’appuie sur l’observation et l’analyse d’œuvres choisies, rarement montrées en France.

MERCREDI 4 DÉCEMBRE
Interventions contemporaines dans les musées historiques
Clara Mosquera, architecte et enseignante-chercheuse, Département d’Histoire, Théorie et Composition Architectoniques, Université de Séville

Le Centre Pompidou et le Guggenheim Bilbao, séparés par vingt ans (1977 et 1997), ont marqué des points d’inflexion dans l’architecture des musées à l’échelle globale.  À la suite de la crise financière de 2008, il est devenu clair que les méga-musées, les musées nés dans cet environnement post-Bilbao et les satellites des grandes institutions n’incarnent plus forcément des modèles à succès. En revanche, une certaine humilité et un retour à l’essentiel sont aujourd’hui devenus prédominants dans les projets nés dans cette nouvelle aube créative muséale. Un renouveau qui redonne à la création architecturale une place prépondérante. D’ici à nos jours, l’architecture des musées a commencé à incorporer dans les interventions muséales d’autres valeurs, comme des références au contexte (urbain, historique, social), des références à la collection et un rapport croissant avec la ville. 

Les rapports tendus entre architecture contemporaine et patrimoine ont connu une effervescence due au contexte des expansions muséales en tant qu’architectures historiques et emblématiques. Il s’agira dans cette conférence de mettre en évidence les différentes solutions et stratégies d’intervention architecturale dans les musées historiques et d’interroger leur rôle dans la mise en œuvre d’une politique de rénovation patrimoniale de l’échelle institutionnelle à l’échelle urbaine. À travers d’une série de cas d’étude, nous interrogerons l’enjeu de la contemporanéité au service des institutions muséales.

MERCREDI 18 DÉCEMBRE
L’architecture du mystère : la structure de l’invisible et du vide du symboliste Degouve de Nuncques aux surréalistes Giorgio de Chirico, Max Ernst et René Magritte
Marine Nedelec, Historienne d’art

Cette conférence partira du pastel Nocturne au Parc royal de Bruxelles, réalisé en 1897 par William Degouve de Nuncques. Elle montrera comment cet artiste symboliste a structuré son œuvre autour d’un vide, d’un invisible qu’il rend palpables à travers le genre du nocturne. Puis, elle observera comment cette structure de l’absence se retrouve quelques décennies plus tard dans les œuvres surréalistes de Giorgio de Chirico, Max Ernst et René Magritte. À travers l’analyse iconographique et la notion de vide, cette conférence sera l’occasion d’aborder deux mouvements de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle : le symbolisme et le surréalisme.

MERCREDI 8 JANVIER
L’histoire de l’art à l’épreuve de la transdisciplinarité
Juliette Milbach, PhD en histoire de l’art

Cette conférence donnera les grandes lignes des problématiques soulevées par l’histoire de l’art au prisme de la transdisciplinarité. Quelles porosités pour l’histoire, la sociologie et l’histoire de l’art ? Quelles ont été les positions des grands historiens de l’art du XXe siècle (Wölfflin, Focillon, Warburg, Panofsky, Gombrich etc.)? Cela permettra aussi de comprendre les enjeux contemporains posés à la discipline (Genre, Art contemporain, Enseignement de l’art, Académie et académisme…) et donnera à voir l’histoire des idées à travers un vecteur et des penseurs moins connus que d’autres.

MERCREDI 12 FÉVRIER
Sociologie(s) de l’art : histoire, objets, méthodes
Umut Ungan, docteur en histoire et théories des arts 

Nous avons souvent tendance à oublier que, longtemps, l’art et les œuvres ont exclusivement relevé du domaine esthétique et de l’histoire de l’art. Cette conférence propose un court panorama historique et synthétique de la manière dont les sciences sociales se sont progressivement emparées de l’objet artistique au 20ème siècle : une période qui marque l’ouverture du champ artistique à des considérations externes (économique, sociale, politique etc.) et qui va jusqu’à l’autonomisation de certaines problématiques qui constituent aujourd’hui la base théorique d’une discipline à part entière, à savoir la sociologie de l’art.

MERCREDI 26 FÉVRIER 
Tout contre
Camille Paulhan, critique d’art

Certaines « attitudes » d’artistes semblent s’opposer à certaines attentes que nous avons parfois à propos des œuvres : qu’elles soient lisibles, visibles, qu’elles soient énergiques, qu’elles nous saisissent par leur force visuelle, par leurs matériaux nobles, par leurs prouesses techniques, qu’elles s’inscrivent dans une histoire de l’art durable. Il sera dans cette conférence question d’artistes qui ont voulu que leurs œuvres soient précaires, modestes, non-reproductibles, introverties, capables de s’épuiser jusqu’à un presque rien. Une histoire qui rassemble des boules et des sucres taillés par Christian Boltanski, les concrétions textiles d’Hessie, des chewing-gums mâchés par Alina Szapocznikow, des tableaux en coton de Piero Manzoni ou les encoconnages de laine de Judith Scott.

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Les conférences ont lieu de 14h à 15h30 à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans sauf mention contraire.
Elles sont destinées prioritairement aux étudiants de l’ÉSAD Orléans.
Dans la limite des places disponibles, elles sont ouvertes au grand public avec le pass musées (15€/an) disponible au Musée des Beaux-Arts.

ARTISTES ET CRÉATEURS INVITÉS

CYCLE DE CONFÉRENCES
ARTISTES ET DESIGNERS INVITÉS

PROGRAMME 2019-2020
Coordination : Gunther Ludwig et Sophie Monville

DESIGN ET ÉCOLOGIE : ENTRE CONVICTIONS ET REPRÉSENTATIONS
Philippe Riehling, designer

« La particularité du design est qu’il n’existe pas de définition unique et définitive, puisqu’il se réinvente à chaque époque, en suivant les évolutions, les cultures et les apports des designers du monde entier. » Alliance française des Designers.
Ce que l’on pense être une démarche éthique et vertueuse à une période donnée peut changer. L’observation du monde, les expériences de vie, les rencontres et itérations avec d’autres profils influent sur notre approche du design. Cette évolution sera illustrée par le designer et abordera des questionnements actuels au travers de sa pratique et de son activité d’enseignant :

  • Les méthodes d’éco-conception, oui mais au service de quelles finalités ?
  • Quelles applications conservent du sens dans le monde qui vient ?
  • Une permanence de la séduction pour la Forme oriente-t-elle les pratiques vers certaines catégories d’objet au détriment d’autres ?
  • Quelles représentations et influences ont les réseaux sociaux sur les pratiques des designers ?
  • Quelles seraient les limites au métier de designer ? A partir de quand une pratique qui se détache de l’objet et d’une matérialité sort-elle du champ du design. Quid d’une approche holistique faite d’observation, de méthode, … à la façon du designer tel que l’entend la permaculture ?

Philippe Riehling pratique un design qui croise, au fil de ses projets respectueux de l’environnement, relecture de savoir-faire, circuits courts et lien social. Depuis plus de dix ans, il collabore avec des industriels, des artisans, des PME et des institutions publiques pour créer et développer des solutions aussi diverses que des objets, produits industriels, équipements urbains, scénographies itinérantes, dispositifs de médiation. Son activité se décline aujourd’hui également sous la forme d’un accompagnement stratégique au développement de projets, de l’organisation de concours de design ou encore de propositions s’appuyant sur des expertises naturalistes venant compléter la palette de services proposés.

PAPIER CODÉ, ÉCRAN TOILÉ
E+K, Élise GAY et Kévin DONNOT, designers, print et digital media

Élise Gay et Kévin Donnot sont associés au sein d’un atelier de design graphique spécialisé dans les projets éditoriaux, imprimés et/ou numériques. La structure, créée en 2011, travaille principalement avec les milieux culturels et institutionnels (musées, centres d’art, artistes, maisons d’édition, etc.) et œuvre aussi bien sur papier que sur écran, questionnant le passage d’un média à l’autre. Cette perméabilité, associée à la pratique de la programmation, incite à penser l’imprimé de manière dynamique et à envisager les supports interactifs avec une attention particulière pour la typographie. Ils ont co-fondé Back Office, une revue de recherche interrogeant les relations qu’entretiennent design graphique et pratiques numériques et publiée en coédition avec les éditions B42. Kévin Donnot enseigne par ailleurs le design graphique à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne — site de Rennes depuis 2013 et est associé à plusieurs projets de recherches en cours. Ensemble, ils animent régulièrement des workshops dans différentes écoles en France et à l’étranger.

PASSAGE À L’ACTE
Collectif Tendance Floue, Mat Jacob, photographie et édition

Mat Jacob présentera Tendance Floue, le collectif de photographes qu’il a co-fondé en 1991 pour défendre une nouvelle conception de l’agence photographique. À travers des extraits de films, des livres et des revues produits par Tendance Floue, la conférence s’intéressera aux moments forts de l’histoire du collectif. Parmi ceux-ci, la trilogie des Nous (1999 – 2006), les Mad in (2006 – 2015), Nationale Zéro (2003) et Azimut (2017 – 2018) viendront affirmer une démarche interrogative sur le monde et sur les pratiques de la photographie contemporaine. « Utopique, transgressive, Tendance Floue oppose à la standardisation croissante des pratiques de diffusion et de médiatisation du photoreportage une forme de résistance généreuse, et invente, au fil des défis, une nouvelle manière de « vivre la photographie ». » (Benoît Rivero)

« Être en collectif, est-ce tout partager ? Est-ce se réunir jusqu’à se mettre d’accord à l’unanimité ? Est-ce prêcher une utopie ? Apprendre à sauver sa peau dans la meute ? Se déculpabiliser d’être individualiste ? Est-ce se mettre à l’abri des incertitudes de la profession ? Est-ce exister ? » Mat Jacob affirme une « grammaire de l’image plurielle », fruit de multiples voyages, d’un besoin de se frotter au réel et de rester libre. Sa série Chiapas, Mexique s’inscrit au cœur d’un travail documentaire et humaniste, mené durant vingt ans et a fait l’objet d’un livre dans la collection Photo Poche. Depuis dix ans, il expérimente les narrations multimédias pour le théâtre et le Web, où le documentaire coexiste avec la poésie et la fiction. En 2017, il crée Zone i, un espace culturel consacré à l’image et à l’environnement en Région Centre, sur les bords du Loir.

DE CE AVEC QUOI ON N’EST PAS CENSÉ JOUER 
Brice Roy, game design, expériences interactives

Avant de concevoir un jeu vidéo, remettre en jeu l’idée que l’on se fait du jeu vidéo. Ce qui implique de commencer par remettre en question ce que l’on considère d’emblée comme n’en faisant pas partie. Voilà l’objet de cette intervention : parler de ce avec quoi, dans un jeu vidéo, on n’est pas censé jouer. En premier chef desquels les supports techniques : manettes, écran, données, espace tangible. L’intervention sera conclue d’une présentation du dispositif vidéoludique Jeux invertis

Brice Roy est artiste numérique. Co-fondateur du collectif One Life Remains, il explore les propriétés du medium vidéoludique depuis 2009. La relation joueur / spectateur, le thème du contrôle et la question de la sauvegarde de jeu figurent parmi ses axes de recherche privilégiés. Plus généralement, c’est du rapport entre jeu et numérique dont il est question : du numérique comme technologie de la remise en jeu et du jeu comme mode de rapport insigne à la technique. Ses créations prennent la forme de programmes informatiques, de dispositifs ou d’installations interactives. Son travail est présenté en France et à l’étranger.

Crédit image : Jeux invertis, Brice Roy (collectif One Life Remains), dispositif vidéoludique, 2019

QUI VEUT PRENDRE LA PAROLE ?
Olivier Vadrot, architecte/designer

Dans la tradition ancienne, le héraut demande “Qui veut prendre la parole?“ Il est d’usage de penser que la démocratie est apparue soudainement à Athènes, comme tombée du ciel. Pourtant les pratiques d’assemblée ne sont pas limitées à l’Occident, on les retrouve en Éthiopie ou en Côte d’Ivoire, dans le Japon médiéval ou en Syrie au temps du royaume de Mari.

Olivier Vadrot mène actuellement une recherche sur l’apparition des formes architecturales liées aux pratiques d’assemblées, et plus particulièrement aux édifices grecs dédiés au théâtre, qui en sont tout à la fois l’origine et la synthèse. Cette forme tronconique, avec des assises en gradin sur un plan rayonnant, appelée koïlon en grec, cavea en latin, cette forme se retrouve aujourd’hui dans les espaces du spectacle, mais aussi dans ceux de la représentation politique (on emploie alors le terme d’ “hémicycle“), dans les édifices du sport, dans l’architecture des jardins, ou dans les universités (le terme utilisé devient “amphithéâtre“). Parfaitement synthétisée sur le site d’Épidaure, cette forme est pourtant le résultat d’un lent cheminement depuis les marches du temple de Cnossos en Crête jusqu’aux gigantesques stades de notre époque. Cette conférence donnera à voir un état des lieux de la recherche en cours, mais aussi des différents projets conçus précédemment par son auteur, tels que Le kiosque électronique, Circo Minimo ou plus récemment Cavea.

INERTE OU VIVANT ? FICTION OU RÉALITÉ ?
Arthur-Donald Bouillé, designer industriel

Morceaux de chairs mortes hybridées et ramenées à la vie, nano-robots auto-répliquant ou porc-épic transgénique semeur de graines. Matières actives, matière à fiction est une recherche et une expérimentation autour des mythes et des expériences scientifiques d’hier et de demain. Entre bactéries reprogrammées et éléments inertes animés, ces formes de matérialité ne remettent-elles pas en question la perception et la considération du Vivant ? N’amènent-elles pas d’ailleurs à reformuler le rôle du designer et à renouveler ses imaginaires ?  De la fiction à la réalité, la présentation de ce travail de recherche mené pendant mon cursus à l’ENSCI-Les Ateliers en 2018 sera l’occasion d’aborder le développement du purificateur d’air intérieur Æther réalisé dans le cadre de la compétition internationale de machines génétiquement modifiées (iGEM) du MIT de Boston.

Diplômé d’un bachelor de design industriel à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Visuel de La Cambre à Bruxelles, Arthur-Donald Bouillé est étudiant en phase diplôme à l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI-Les Ateliers).  Ses expériences dans des agences de création industrielle telles que Normal Studio ou Big Bang Project, ainsi que sa participation à des projets articulés autour de la matière active ont façonné son intérêt pour une approche de création située entre science et design afin d’interroger notre rapport aux objets vivants.

THÈME ET VARIATIONS. SYSTÈMES DE JEU EN DESIGN GRAPHIQUE
Sophie Cure, graphiste

Designer graphique, diplômée de l’ENSAAMA-Olivier de Serres, Sophie Cure s’intéresse aux frontières poreuses entre lecture et musique, typographie et notation musicale. Elle joue à décaler ces curseurs, questionne les mécanismes de déchiffrage et d’interprétation, la musicalité de l’écriture et la sensorialité de la lecture. Son projet de recherche Les Chants lexicaux explore des manières de faire sonner et résonner les livres entre eux. Protocoles de lecture et dispositifs graphiques permettent de créer des rencontres entre les livres : carambolages, dialogues de sourds, dissonances ou accords parfaits. Il s’agit de jouer avec les accentuations et le rythme du phrasé, les sonorités des mots, susciter des tonalités de lecture augmentée en empruntant des formes propres au répertoire musical : comment lire staccato, en polyphonie avec un ostinato ? Comment faire les gammes d’un livre ? Quel impact la typographie a-t-elle sur la lecture à voix haute ? Finalement, le texte porte-t-il déjà en lui des frémissements de partition ? Au printemps 2018, dans le cadre de cette recherche, elle présente la Sonate pour trois lecteurs, performance pour faire sonner et dissoner les livres de la librairie Petite Egypte. La partition graphique a été interprétée par des comédiens du Collectif bim.

Sensible aux pédagogies alternatives, inspirée par le travail de Froebel ou de Bruno Munari, elle articule un pan important de son travail autour de la conception de jeux pédagogiques. En 2011, elle a conçu des jeux typographiques pour stimuler l’apprentissage et le plaisir de lire chez les personnes dyslexiques, salués par un prix de la Fondation de France en 2012. En 2015, est publié Le livret d’initiation au graphisme, qu’elle a co-conçu et co-écrit avec Aurélien Farina. Cet ouvrage vient de paraître en anglais en 2019 sous le titre Graphic Design Play Book. Depuis 2015, elle intervient en tant qu’enseignante dans plusieurs écoles (Parsons School Paris, L’École des Beaux-Arts d’Angers) et anime régulièrement des workshops (Isdat Toulouse, KABK La Haye, ÉSAD Orléans…).
Elle travaille également dans les champs de l’identité visuelle, de l’édition, de la direction artistique et collabore avec des institutions publiques, des artistes et diverses structures, comme Le Signe, Centre National du Graphisme, Les Éditions Actes Sud, le Ministère de la Culture, le Centre Pompidou, le Muséum national d’histoire naturelle, la revue Télérama… 
Pour chaque projet, elle chercher à établir des règles de jeu, met en place un système graphique qu’elle joue à déployer sur différents supports. Elle attache de l’importance à créer des objets et des formes polysémiques qui stimulent l’imaginaire, des formes ouvertes qui laissent une brèche au lecteur, l’invite à l’interprétation et à la contemplation.

Attention ! Changement de lieu : auditorium de la Médiathèque d’Orléans

LE BAUHAUS EN HÉRITAGE
Jakob Gautel, artiste plasticien

Voici, à partir d’un héritage familial, un regard particulier sur le Bauhaus, cette école d’art, de design et d’architecture avant-garde, qui fête cette année son 100e anniversaire. Il s’agit non pas d’une énième présentation historique du Bauhaus, mais de l’expérience du Bauhaus tel qu’il a été vécu de l’intérieur, par deux de ses étudiants, à deux époques charnières différentes, et comment ces deux « Bauhäusler » ont essayé de faire perdurer et de défendre ses valeurs sous le régime nazi. Comme troisième point de vue s’ajoute celui du petit-fils, artiste lui-même, qui porte son regard sur cette histoire et tente d’établir un « dialogue artistique intergénérationnel posthume » :

Jakob Gautel, artiste plasticien né en 1965 à Karlsruhe, en Allemagne, vit et travaille à Paris et ailleurs. Il enseigne à l’ENSAPLV en arts plastiques, en licence et en master dans le domaine d’études Arts et scénographie, avec des cours théoriques et pratiques. Depuis 2012, il travaille sur les traces de son héritage personnel du Bauhaus : sa grand-mère maternelle Corona Krause (1906-1948), tisserande, designer textile et styliste, et son grand-père paternel Hermann (Sven) Gautel (1905-1945), designer de lampes et de meubles, architecte intérieur, ont tous les deux étudié au Bauhaus, à Weimar et à Dessau. Des dossiers de travaux (cours de Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy etc.), des dessins, photos, meubles, textiles, vêtements et objets nous sont parvenus.

Mais que nous disent ces documents et objets ? Que pouvons-nous savoir sur quelqu’un qui n’est plus là, à travers de ce qu’il laisse derrière ? Et comment peut-on établir un contact avec le passé, à travers des objets, des documents et photos ? Pour son projet de recherches, tentaculaire et forcément inachevé, entre enquête, recherches historiques et expérimentation artistique, Jakob Gautel a bénéficié de l’aide à la recherche artistique du CNAP en 2013-14 et d’une résidence d’artiste au Meisterhaus Muche, fondation Bauhaus Dessau, en été 2017.

Attention ! Changement d’horaire et de lieu : Salle des thèses de l’Hôtel Dupanloup à 17h30

DESSINS
Jérôme Zonder, artiste

« Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris en 2001, Jérôme Zonder est l’un des artistes les plus reconnus de la jeune scène contemporaine française, considéré comme l’un des dessinateurs les plus importants de sa génération.

Comme toujours chez l’artiste, les interrogations sur la condition humaine deviennent enjeux de représentation. « Dessiner revient pour moi à créer un espace symbolique qui fonctionne ; construire un système dans lequel on peut faire rentrer le monde et ses questions » explique Jérôme Zonder. » Texte extrait de la page de l’artiste sur le site de la Galerie Nathalie Obadia, Paris.

Visuel : Jérôme Zonder, Eloïse, 2018, poudre graphite et poudre de charbon sur papier collé sur toile, 150x150cm. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles.

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Les conférences ont lieu de 16h à 17h30 à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts d’Orléans sauf mention contraire.
Elles sont destinées prioritairement aux étudiants de l’ÉSAD Orléans.
Dans la limite des places disponibles, elles sont ouvertes au grand public avec le pass musées (15€/an) disponible au Musée des Beaux-Arts.

International Week #3

Dates
April 6-10, 2020

Location
Orléans School of Art and Design (ÉSAD Orléans)

Contact
Marion Quintin
International relations manager
international@esad-orleans.fr
+33 2 38 79 22 37

OPEN CALL
INTERNATIONAL WEEK #3
Repair Ensemble

After…
Living Ensemble in 2018,
Design Ensemble in 2019,
Let’s Repair Ensemble in 2020!

Orléans School of Art and Design invites you to participate in the third edition of the INTERNATIONAL WEEK that will take place from April 6 to 10, 2020.

What’s Repair Ensemble?
’Repair ensemble’ is this year’s international workshop theme for 2nd and 3rd-year bachelor students in graphic, product, space and media design. It’s a week of experimentation and exploration of the potential of design to broaden possibilities, push limits further and engage socially. The workshop welcomes worldwide pedagogical experiences, a mix of cultures and thought processes which encourage students to imagine the world differently.

In this fast-paced world, instability is increasing across the global economy, and with signs of resource depletion the call for a new economic model is getting louder. The excessive use of natural resources and an over-abundance of man-made materials have led to major environmental issues.

How can design be an insightful actor to help the world revitalise?

Upcycling, introduced as one of the methods to maintain the environment by creating useful products out of waste or unwanted goods, offers a whole new life to useless materials. Upcycling, the opposite of downcycling, the other face of recycling is totally energy efficient whereas recycling is typically accepted as breaking down and extracting useful materials, making something else but using more energy. However, both processes promote the same benefits to nature. Upcycling and recycling will be two focuses of our international week.

If we can fix a thing, we can also restore bonds, re-connect people, give new hope,  acknowledge our mistakes and set the record straight…We can additionally re-introduce biodiversity, reassert the worth of a territory or re-build trust… The act of reparation questions our relation to consumption but also our relations with others. It’s time to reconsider our social behaviour. It will be our third focus.

Let’s repair [recharge, recreate, refresh, regenerate, renew, resuscitate, revitalize, revive] together as an Ensemble!

What’s INTERNATIONAL WEEK?
It’s an intensive week during which our students switch to English language and experiment with our guests.
The International Week can be financially covered by the Erasmus+ program as teaching or training mobility grant through your institution’s International Office.

Program is free of charge.

To join our international week, apply online by January 31, 2020.

Selection committee: Panni Demeter (graphic designer), Maurice Huvelin (filmmaker),  Réjane Lhote (visual artist), Marion Quintin (international relations manager), Samuel Roux (graphic designer).

We would be very glad if you could spread and relay this information among your professional network.

Hoping to see you in Orleans next April!

Exposition bauhaus.photo

bauhaus.photo

A l’occasion du centenaire du Bauhaus, l’ÉSAD Orléans, en partenariat avec la Maison de l’Architecture Centre-Val de Loire et avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire, accueille bauhaus.photo, une exposition de photographies conçue par le Bauhaus-Archiv/Musée du design de Berlin présentant 100 oeuvres-clé sélectionnées parmi une collection mondiale de plus de 70.000 photographies du Bauhaus.

Vernissage le 28 novembre à 18h30 en présence de Madame Kristin Bartels, commissaire d’exposition au Bauhaus-Archiv Berlin
Exposition du 29 novembre au 19 décembre 2019*
Galerie de l’ÉSAD Orléans

A travers cinq thèmes de la vie à l’école du Bauhaus (fêtes et représentations, quotidien et loisirs, vie dans les ateliers), en montrant des portraits, des photographies d’architecture et de produits ainsi que les travaux issus du cours de photographie de Walter Peterhans, le visiteur découvre la richesse et la diversité artistique de la photographie telle qu’elle a été pratiquée au Bauhaus.

Les origines internationales des étudiants et du corps enseignant du Bauhaus ont contribué à l’émergence de tendances parallèles à l’avant-garde photographique contemporaine – du surréalisme à la Nouvelle Vision et la Nouvelle Objectivité en passant par le dadaïsme. Le domaine central « La vie au Bauhaus » met à l’honneur l’atmosphère animée de l’école. Que ce soit lors de fêtes fastueuses, de moments quotidiens de la vie en communauté ou du travail dans les ateliers du Bauhaus, une multitude de photographies capturent des moments uniques.

La section des portraits offre un panorama fascinant des différentes possibilités de se mettre en scène soi-même ou de créer des portraits permettant d’avoir un aperçu des différentes personnalités au Bauhaus.

Les photographies du bâtiment du Bauhaus et des maisons des maîtres à Dessau par Lucia Moholy ont eu un impact significatif sur le style de la photographie d’architecture jusqu’à nos jours.

Le domaine de la photographie de produit est devenu au Bauhaus un domaine d’activité majeur qui devait faire avancer la commercialisation des objets de design conçus dans les ateliers. Ces photographies parvenaient à créer une atmosphère qui élevait des objets du quotidien au rang d’oeuvres d’art.

Finalement, le département « Cours de photographie de Walter Peterhans » guide le regard sur les cours de photographie s’étant tenus entre 1929 et 1933 au Bauhaus, avec des oeuvres de l’enseignant mais aussi de ses étudiants, et se consacre ainsi à l’enseignement et à l’établissement du média à l’école.

On retrouve dans cette exposition aussi bien des classiques de Lucia Moholy, László Moholy-Nagy et T. Lux Feininger que des images de photographes moins renommés comme Kattina Both, Irene Bayer et Max Pfeiffer Watenpfuhl, ou encore quelques oeuvres ambitieuses d’artistes complètement inconnus.

À l’aide de diagonales dynamiques, de perspectives extrêmes et d’astuces techniques, leurs clichés illustrent l’approche expérimentale et professionnelle avec le médium photographie au Bauhaus. Les images transmettent une image de la vie dans l’une des plus importantes écoles d’art du XXe siècle qui fascine encore aujourd’hui.

 

Coordination et scénographie : Gunther Ludwig, Laurent Baude, Paul de Lanzac et les étudiants de l’ÉSAD Orléans.

*Entrée libre et gratuite du lundi au vendredi de 10h à 19h.

Dans le cadre de l’exposition, « le bauhaus en héritage » une projection co(mme)ntée par Jakob Gautel aura lieu le mardi 10 décembre à 17h30 à l’hôtel Dupanloup.

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Situé à Berlin, le Bauhaus-Archiv/Museum für Gestaltung étudie et fait connaître l’histoire du Bauhaus et son influence. Il possède la plus grande collection au monde sur l’histoire de cette école et sur tous les aspects de son activité. L’exposition bauhaus.photo bénéficie du soutien du ministère allemand des Affaires étrangères et de la Fédération des Maisons Franco-Allemandes.

Photo : Sitzende mit Bühnenmaske von Oskar Schlemmer im Stahlrohrsessel von Marcel Breuer, um 1926. Erich Consemüller, Bauhaus-Archiv Berlin / © Dr. Stephan Consemüller

Salons & forums

En résumé
  • 10-11-12 janvier // Orléans : Forum de l’orientation
  • 12-13 janvier // Paris : Salon des formations artistiques (Paris Event Center, Hall B – 20 avenue de la Porte de la Villette 75019 Paris)
  • 19 janvier // Fontainebleau : Forum Post-Bac
  • 18-19 janvier // Tours : Forum de l’orientation
  • 01-02 février // Journées portes ouvertes ÉSAD Orléans
  • 07-09 mars // Blois : Forum de l’orientation

Cette semaine l’ESAD Orléans vient à votre rencontre ! Venez-vous informer sur nos différentes formations en art et design à Orléans et Paris.

  • Forum de l’Orientation
    Jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 janvier de 9h à 17h
    Parc des expositions d’Orléans

 

  • Salon des formations artistiques
    Samedi 12 et dimanche 13 janvier de 10h à 18h
    Paris Event Center, Hall B, Porte de la Villette, Paris

Nous serons très heureux de vous accueillir sur notre stand.