Blockchain in Média

BLOCKCHAIN IN MEDIA

CHAMPS DE RECHERCHE : archéologie de la Blockchain 

“Inventée” en 2008, la Blockchain, ou Chaîne de blocs, est connue du grand public comme étant la technologie des “cryptomonnaies” (les fameux “Bitcoins”). Elle est surtout un registre décentralisé de transactions, infalsifiable et ineffaçable. La Chaîne de blocs stocke, traite, transmet de l’information d’une manière spécifique (réseau pair-à-pair, cryptographie, horodatage etc.), qui justifie qu’on l’aborde comme un médium spécifique, qui ne se réduit ni à l’ordinateur, ni à l’Internet. Il s’agit donc d’aborder la Chaîne de blocs depuis sa réalité tech- nique et son design propre, et non depuis ses utilisations ou encore leurs conséquences économiques, juridiques et politiques, qui sont jusqu’alors les angles d’approche les plus adoptés. Le programme vise à étudier de quelle manière le design de la Chaîne de blocs, qui automatise la promesse, la confiance et l’archive, affecte la conception du temps et le régime mémoriel. 

À la croisée de l’art, du design, de la philosophie, de l’économie politique, de l’informatique et de l’archéologie des média, le programme s’empare de quatre questions (apparemment) distinctes : Quelles “temporalités” la Blockchain produit-elle (ce qui revient aussi à se demander par quelle méthode peut-on saisir ces temporalités) ? Dans la mesure où la technologie Blockchain semble impliquer une accélération technologique et un besoin croissant en énergie, vers où et quoi nous conduit-elle (il s’agira peut-être alors aussi de lever le mystère de son “’invention”) ? Compte tenu du principe de jetonisation, est-il seulement possible de dessiner une chaîne de bloc qui puisse se déployer de manière égalitaire ? Enfin, alors qu’à l’ère de la reproductibilité technique le monde de l’art pensait en avoir fini avec la notion d’original, la Chaîne de blocs ne fait-elle pas resurgir cette notion que l’on croyait éteinte ?